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    [BIFFF 2026] Top, flop, notes, BIENS et PAS BIENS d’Olivier Eggermont

    Oui, le BIFFF c’est le meilleur festival du monde ! Et ce n’est pas cette année qu’on aura changé d’avis. Cette année, on s’est régalé avec de vrais bons films et de vrais pas bons films mais toujours avec une ambiance fantastique et des personnes qui le sont tout autant. Le tout dans une seule salle pour rater encore moins de péloches! Alors merci le BIFFF, on vous aime et à l’année prochaine. Place au top et flop!

    Top

    1. Gaua : Probably the best film in the BIFFFF

      Que dire de Gaua ? Parfois, les mots manquent devant l’expérience vécue et la magie qu’on en tire. Gaua, c’est un peu comme faire l’amour pour la première fois à quelqu’un qu’on aime. On a déjà fait l’amour avant, mais ce n’est pas la même chose. On ressent tout autrement. Des choses qui auraient pu nous sortir du moment avec d’autres renforcent la force de ce qu’on vit. On commence doucement, presque tendrement, à bas bruit. Comme si le film de Paul Urkijo voulait se présenter à nous sans s’imposer. Et on grimpe doucement la pente d’une narration qui ressemble à un rêve gothique parsemé de quelques terreurs nocturnes sorties tout droit de l’esprit de Guillermo Del Toro. Pour finir, après un plateau qui nous laissait penser que le film allait partir vers du plus convenu, Urkijo nous emmène dans une cavalcade finale époustouflante. Pour conclure dans une apothéose qui laissera tous nos sens en éveil. Gaua, c’est un voyage onirique qui n’a rien à envier aux meilleurs films de genre et qui est appelé à devenir une référence en la matière.

      2. Obsession : make a wiffff

      Certains films ont le don de te donner une grosse baffe dans la gueule mais de manière graduelle. Tu vois la main arriver vers ton visage, tu sens même la douleur que tu ressentiras avant qu’elle n’apparaisse et tu constates le tout arriver tel un spectateur. Obsession est ce genre de film. Une montée constante dans le glauque et le cringe pour arriver à un paroxysme où on sait pertinemment qu’aucun retour n’est plus possible. Porté par la prestation magistrale d’Inde Navarrette, ce film de Curry Barker (qui devrait nous fournir un nouveau remake de Massacre à la Tronçonneuse) nous emmène dans une version moderne de l’horreur avec brio. Captivant de la première à la dernière seconde, il a tout pour devenir un classique du genre et pour cartonner pour sa sortie au cinéma.

      3. The Forbidden City : kung fu spaghetti

      On attendait pas grand-chose de Forbidden City jusqu’à ce qu’on sache que c’est à Gabriele Mainetti qu’on doit le film ! Mais si, Gabi ! Freaks Out enfin ! LA claque monumentale du BIFFF 2022 ! Et force est de constater que Gabi, il est trop fort ! Après avoir montré à Marvel comment on fait des films de super héros, il donne aux Chinois un cours pour faire un film de kung fu ! Et à Rome s’il vous plaît ! Gabi, c’est le genre de mec qui peut tout faire ! Il arrive chez vous, vous montre comment préparer votre plat préféré, vous apprend des choses sur votre film de référence et enfin il terminera par faire l’amour à votre femme mieux que vous ne le faites vous-mêmes. Principal défaut : trop fort. Dans Forbidden City, il nous emmène dans une histoire d’amour entre une Chinoise à la recherche de sa sœur enlevée et un Italien cuisinier dans un restaurant que fréquente la petite frappe locale. Si Forbidden City était un plat, il serait assurément une fusion parfaite entre la gastronomie italienne et asiatique. Un moment gustatif de cinéma suspendu qui nous a ravi du début à la fin. Merci Gabi !

      4. Nirvanna, The Band, The Show, The Movie : expérience métaphybifff

      Attention pépite ! On nous avait tellement dit dans toutes les langues que Nirvanna The Band, The Show, The Movie allait être le meilleur film de ce BIFFF, je vous avoue qu’une part de moi espérait qu’il serait décevant. Juste par pur esprit de contradiction. Mais parfois, il faut s’incliner devant les prévisions (oui oui Jonathan) et reconnaître qu’en effet, ce Nirvanna est une petite pépite qui mérite d’être connue et reconnue hors des frontières du festival. Le genre de film qui te donne la banane et qui arrive dès le départ à t’emmener dans son univers rempli de second degré et d’absurde.  Le film n’essaie pas d’être authentique, beau et d’une délicieuse absurdité, il le réussit. Du début à la fin, on se retrouve happé par son énergie communicative et son ton totalement décalé. 

      5. Mum, I’m Alien Pregnant : Mum, I’m your (Peter Jack)son

      Alors oui, mettre Mum, I’m Alien Pregnant dans mon top 5 pour ce BIFFF 2026 où les films de grande qualité sont légions tient un peu de la provoc. J’assume. Mais qu’est-ce que je peux vous dire ? Moi, je vois un body horror débile de Nouvelle-Zélande qui rend hommage à Bad Taste sans le côté gore mais en y ajoutant une dimension de comédie romantique décalée, je fonds. Bah oui, parce que le film a tout ce qu’il faut pour plaire ! De l’humour décalé à souhait, un body horror totalement déjanté qui n’en finit jamais et un rythme cadencé au millimètre pour nous happer directement ! MIAP, c’est une belle tranche de « Putain qu’est-ce que je viens de voir calice de tabernacle ! » Une sorte de Braindead sous ecstasy qui pousse tous les codes du genre au curseur maximal. « Je questionne tous les choix de vie qui m’ont mené à voir ce film », me glissa Orlyna durant la séance. Et pourtant, elle est restée jusqu’au bout. Parce que MIAP est une réalisation joyeuse, tordue et authentique sans aucun tabou. Les réalisateurs jouent le coup à fond, ne retiennent absolument rien et donnent tout ce qu’ils ont avec une générosité qui ne peut que nous ravir. Un vrai kiff totalement assumé et communicatif !

      Flop

      1. Mortuary Assistant : Le film le plus énervant du BIFFF

        Ça y est. Ça devait bien arriver à un moment dans le festival. Il faut dire que jusqu’à Mortuary Assistant, même les mauvais films avaient un charme et arrivaient au moins à nous arracher un demi sourire pour la peine. Mais là. Là, c’est trop. Là c’est la moutarde qui fait déborder le vase. Excusez, je suis arrivé énervé. Je sais bien tout n’est pas de votre faute mais j’ai l’impression qu’on m’a donné la grosse kluut du BIFFF là hein, le fond du panier ! Et pourquoi elle fait ça ? Mais, c’est la troisième fois qu’elle se fait avoir par le démon de la même manière bordel ! PUTAIIIIIIIN !!!!! Ok ça y est, CE FILM M’A ÉNERVÉ !!!

        2. The Red Mask : slasher métarte dans ta gueule

        On peut tromper mille fois mille p…Non attendez. On peut tromper une fois mille personnes mais on ne peut pas tromper une fois… Non c’est pas ça. On ne peut pas tromper une fois mille personnes. Ah ben si en fait, on peut tromper une fois mille personne mais… BREF !!!! THE RED MASK IL SE FOUT DE NOTRE GUEULE !!!! Alors oui, je vous entends d’ici me dire que c’est un film meta sur le genre du slasher qui veut en réinventer les codes. Et gna gna gna, et blah blah blah. Mais pour moi, c’est bien ça le problème. The Red Mask, c’est le genre de film qui pète plus haut que son cul ! Un film pédant qui a l’ambition de nous expliquer ce qu’est le futur du slasher alors qu’il n’arrive même pas à remplir la condition principale d’un bon film : la générosité. Parce que The Red Mask, c’est un film qui se regarde et qui se masturbe devant son propre reflet. L’autosatisfaction du film transpire par tous ses pores et nous livre une production qui se veut novatrice mais qui n’arrive même pas à appréhender les codes qu’il prétend révolutionner. Alors oui, dans le genre du slasher, c’est un meilleur film que Night of the Reaper par exemple. Mais au moins, Night of the Reaper nous livre une production authentique avec ses qualités et ses (nombreux) défauts alors que The Red Mask arrive avec l’assurance d’un bobo en birkenstock dans une friperie vegan pour nous expliquer comment doit être ce genre. Eh ben va te faire foutre ! Bref, si vous voulez viser haut dans la vie, c’est une excellente chose. Mais rappelez-vous que si vous visez trop haut, vous risquez de toucher le complexe de supériorité de The Red Mask.

        3. Love Kills : plus Brandão que Ronaldinho

        Aaaaaaah les films de vampire. C’est un grand classique du cinéma de genre. De Nosferatu à Morse en passant par le trop sous-estimé 30 jours de Nuit ou Entretien avec un Vampire, les réalisations qui mettent en scène les suceurs de sang les plus célèbres de notre imaginaire ont jalonné l’histoire du cinéma et participé à créer un mythe immortel. Et Love Kills vient chier sur tout ça. Oui oui, vous m’avez bien compris. La réalisatrice de Love Kills, Luiza Shelling Tubaldini, a enlevé son pantalon, s’est accroupie et a déféqué sur tout l’héritage culturel du film de vampire. Et même pas un bel étron bien proportionné qui ne laisse aucune trace. Non non, le genre de chiasse avec des grumeaux qui te vient en fin de BIFFF qui vient te signaler que dans 5 fruits et légumes par jour, le houblon n’est ni l’un ni l’autre.

        4. Karmadonna : un film un peu trop a-serbe

        On ne va pas vous mentir, on avait peur. Et on avait des raisons d’avoir peur. Parce que Karmadonna, c’est le premier film d’un certain Aleksandar Radivojević. Le scénariste de cette purge horrible qu’est Serbian Film. Alors, autant vous prévenir tout de suite, s’il y a bien un sujet sur lequel tout le Suricate est d’accord, c’est Serbian Film. C’est de la merde. Trêve de préliminaires, autant vous prévenir tout de suite, Karmadonna n’atteint même pas un centième de la violence de Serbian Film. Vous pouvez donc le voir tranquillement, ce n’est pas le film qui va vous faire changer d’avis sur l’humanité. Le début de Karmadonna pique quelque peu un intérêt légèrement malsain jusqu’à ce qu’on se rende compte assez vite qu’en fait, le boug nous a refait une Serbian Film. Un défouloir acerbe (a-serbe, vous l’avez ?) de violence gratuite avec une morale pseudo philosophique du Lidl placée bien en évidence pour cacher le vide scénaristique total de ses films.

        5. Back to the Past : une production qui a mauvaise con-science

        Le temps ne fait rien à l’affaire. Quand on est con, on est con! Nous chantait très justements ce bon vieux Georges. Et force est de constater que Back to the Past nous prend vraiment pour des cons. Déjà parce qu’on nous pitche une histoire sans aucun sens d’un gars qui veut revenir dans la Chine impériale pour prendre la place du premier Empereur et changer l’histoire afin de prouver qu’on peut le faire. Mais ça à la limite, on a l’habitude. Dans Back to the Past, les méchants sont méchants, les gentils sont gentils, les méchants font des trucs de méchants, les gentils font des trucs de gentils, boum boum boum, kung-fu kung-fu kung-fu, ooooooh non ils l’ont tué, mais non il est pas mort, oh c’était pas l’empereur, c’était Long, mais pourquoi est-il si méchant ?, ah ben c’est bon tout finit bien ils ont pas réussi à modifier le passé, fin. J’exagère à peine. On a affaire à une réalisation qui nous pousse à mettre notre cerveau en off mais de la mauvaise manière. Le côté caricatural du scénario et les interprétations agaçantes au possible nous poussent à ne rien intellectualiser et même à nous dissocier mais ce n’est pas pour autant que la partie consciente que nous gardons et qui voit le fim passe un bon moment. Non non, elle se fait chier.

        Les notes :

        9/10:

        Gaua : probably the best film in the BIFFF

        Obsession : make a wish version BIFFF, magistral !

        8/10:

        The Forbidden City : la naissance du kung fu spaghetti

        Nirvanna, The Band, The Show, The Movie : expérience métaphybifff

        Mum, I’m Alien Pregnant : du body horror tout plein pour ce Brain Dead sous ecstasy

        Ready or Not 2, Here I come : Comment débuter un BIFFF pour les nuls. Jubilatoire et explosif !

        Sisu 2, Road to Revenge : Vivement le 3 ! Zinedine « Sisu » Zidane, King of the BIFFF

        100 Nights of Hero : Un conte captivant et une belle histoire qui nous happe

        Zhaza : On comprend mieux pourquoi Borat voulait se barrer de là

        Yesterday Island : le jour de la Mærmøt

        Silence : Enfin un bon film de vampire

        7/10:

        The Holy Boy : Un voyage transcendantal poignant et brumeux entre le drame social et le film de genre.

        Nightborn : un très beau huis-clos qui alterne violence et humour noir avec Ron Weasley

        The Restoration at Grayson Manor : Bienvenue chez la famille McAdams

        Luger : Estafas, delitos y botánica, gracias señor.

        Pinocchio Unstrung : Un film sans langue de bois

        Oddities : La drogue c’est mal !

        Feels like Home : Le BIFFF, c’est une grande famille

        6/10:

        Vieja Loca : C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures bifffettes

        Friday The 69th : Une beauferie en pêché mignon

        Gibier : Balance ton porc

        Corporate Retreat : Kill Building

        Deathstalker : C’est au cinéma ce que Lordi est à la musique : du kitsch totalement assumé, de l’exaltation et des monstres en carton-pâte.

        Imposters : J’en connais un qui a vu la série Dark

        Whistle : Encore une connerie du VAR !

        Fuck My Son : Glauque sans être horrible. Trash sans être perturbant. Choquant avec un sourire en coin.

        Hold the Fort : +1 parce qu’il y a un loup-garou !

        Kraken : Le Kraken, c’est un poulpe !

        The Toxic Avenger Unrated : Ah parce que les précédents étaient censurés ?

        Never after Dark : Un grand gagnant qui laisse dubitatifff

        Silver Screamers : Et si le BIFFF était une maison de retraite vous joueriez qui ?

        Sister : un chouette film de Wi-Klo

        We Bury The Dead : Un film de zombie contemplatifff

        Tristes Tropiques : Sous le sommeil des tropiques

        Flush : Huis-closet

        5/10:

        Evil Dress : Ni vraiment bon ni vraiment mauvais, la définition du film oubliable

        Gosh !! : J’ai rien compris.

        Beast of War : Nadal contre le BIFFF partie 2

        Sleep no More : Dormir encore ? Jamais plus !

        African Kung Fu Nazis 2, Bum Bum ! : King of the nanar !

        Sicko : Dans la vie, tout est de la faute du capitalisme

        4/10:

        Plus Forts que le Diable : Dis, je savais pas que tu roulais dans un Kinder !?

        Saccharine : Un film à avaler de travers

        Night of the Reaper : Un scénario aussi vide que Sclessin en Playoffs 2

        The Home : Asile roooooaaaaaad ! Take me Hoooooooooome.

        3/10:

        Deathgasm 2, Goremageddon : je ne me souvenais pas d’avoir vu le 1 au BIFFF, dans 2 ans je ne me souviendrai sûrement pas d’avoir vu le 2

        Back to the Past : Un production qui a mauvaise con-science

        Karmadonna : Un film un peu trop a-serbe

        Incomplete Chairs : Un Patrick Bateman japonais qui fait une chaise avec des gens

        Dolly : La brebis égarée du troupeau

        2/10:

        The Red Mask : Slasher métatarte dans ta gueule

        Love Kills : Plus Brandão que Ronaldinho

        1/10:

        Mortuary Assistant : Le film le plus énervant du BIFFF

        BIEN

        • La qualité des films de cette année, big up à l’organisation pour ces pépites !
        • L’organisation et les bénévoles toujours au top. On vous aime.
        • Des films courts à la Night, c’est toujours mieux pour éviter de dormir au 3e.
        • L’ambiance générale du festival comme d’habitude. Rien à redire, on a été gâtés.
        • Le comique de répétition.
        • La team de feu du Suricate pour ce festival.
        • Un public présent en masse et très diversifié cette année.
        • Stéphane (je t’aime en secret Stéphane, viens à un meeting du MR avec moi).
        • La qualité du premier jour pour démarrer très très fort.
        • Le festival sur deux semaines pour faire durer encore plus le plaisir.
        • Le comique de répétition.
        • La Z Movie Night, idée de génie.
        • La Little Night, excellente chose pour mettre en valeur les court-métrages.
        • Gaua. Malgré que Loïc ne l’ait pas mis dans son top 5.
        • Les films kazakhs
        • Le comique de répétition
        • Le lundi de repos pour se ressourcer avant la dernière ligne droite.
        • Une seule salle pour ne manquer aucun film.
        • L’attitude du public bien plus respectueuse et inclusive qu’il y a quelques années.
        • La qualité des food-trucks.
        • Le comique de répétition.

        PAS BIEN

        • Le prix du parking aux alentours du Palais 10. Matthieu a dû vendre un rein sur ces deux semaines.
        • Les couillons qui gueulaient n’importe comment pendant le second film de la Night. Excessivement énervant.
        • The Red Mask.
        • Le comique de répétition.
        • Le top 5 de Matthieu (il en a pas fait).
        • Toujours pas un bon film de vampire sanglant ou un bon film de zombie avec des zombies.
        • Le palmarès claqué au sol du jury.
        • Le comique de répétition.
        • La longueur indécente de cette chronique.
        • Pas de stand de bonbons ☹
        • Les temps de pause parfois trop courts entre les films.
        • Toujours le BIFFF en même temps que les quarts de finale de Ligue des Champions.
        • Le comique de répétition.
        Olivier Eggermont
        Olivier Eggermont
        Journaliste du Suricate Magazine

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