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    [BIFFF 2026 Jour 12] Gaua, probably the best film in the BIFFF

    Au BIFFF, on apprend toujours plein de choses. Déjà, on apprend qu’il n’y a pas que le comique qui peut être de répétition. Mais alors, c’est moins drôle. Mais ça se répète. Mais c’est moins drôle. On apprend aussi qu’il faut toujours écouter sa grande soeur et qu’en basque, chef d’oeuvre se prononce Paul Urkijo. Et vous, vous êtes pour ou contre l’humour de répétition ?

    Singular, il n’y a pas que le comique qui peut être de répétition

    Cette séance a été une expérience totale. Tout d’abord parce que c’était mon premier Silent Screening. En gros, c’est une séance qui se passe au BIFFF mais où on se comporte comme dans la réalité, quand on va au cinéma, sans bruit. Après 11 jours de BIFFF, c’est plutôt perturbant. Certains tentent tout de même de bouleverser ces nouvelles règles : on entend des chuuut plutôt bruyant au début, le présentateur dit qu’à une autre séance silencieuse, le public a applaudi les logos sans claquer des mains, etc. De mon côté, je me dis que c’est le moment idéal pour piquer un petit roupillon, histoire de survivre à ma vilaine gueule de bois. Mais cette histoire sur une spécialiste de l’IA qui doit affronter le deuil de son fils, est plutôt captivante. Elle se retrouve avec son ex-mari, dans leur ancienne maison au milieu des bois et les moments étranges vont s’enchaîner. Le plus troublant est le jeune homme, Andrea, qui traîne dans le coin. On se doute vite qu’il y a quelque chose qui ne va pas, que l’IA n’est pas loin dans cette histoire et que notre réflexion nous tient éveillé.

    Au fur et à mesure, un point de bascule tombe et le film va tenter de (presque) tout expliquer grâce à un montage reprenant des moments choisis des mêmes scènes que l’on répète encore et encore. Si cet enchaînement répétitif est parfois aussi lourd qu’Olivier qui tente l’humour de répétition au bar, on tient bon car tout sera excusé quand on aura les clés de toute cette histoire. Mais cela n’arrivera pas et je suis aussi énervé que face à Olivier et son comique de répétition après trop de bières. Alors, on peut garder l’option que vos journaleux préférés sont trop cons pour avoir tout compris, mais mon ego me dit surtout que le film nous a arnaqués en montrant des dizaines de fois les mêmes scènes sans jamais tout élucider. Si le comique de répétition d’Olivier me frustre, si je n’ai pas assez bu, j’ai au moins appris qu’il n’y avait pas que le comique qui pouvait être de répétition, les thrillers psychologiques de SF, aussi. L.S.

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    Never after Dark : Leçon du jour, il faut écouter sa grande sœur.

    Airi voit des fantômes. Elle vient d’une lignée de femmes qui aident les esprits à trouver la paix éternelle. Bien moins empathique que Melinda Gordon, Airi ne se prend pas la tête. Droit au but, et le but, c’est de gagner des thunes pour pouvoir manger. BASTA. Quand elle arrive dans une grande maison — autrefois un bed and breakfast — au centre d’une forêt, dans une ville qui n’a qu’un seul taxi, pour elle, le travail va se faire en quelques jours. Trois max. Bon ben, elle avait tort et elle aurait dû écouter sa grande sœur qui, de l’au-delà, lui a dit : « Gros, je pense que tu ne dois pas rester ici. » Mais non, elle préfère se débrouiller toute seule et lâcher des « tais-toi » à tout va à son aînée.

    Ce ne fut pas un visionnage dans le vide. Au contraire, le film a attisé ma curiosité dès le début : la grande maison, le grand dadais tout chou, le fantôme de la sœur dans les reflets, l’aura d’Airi… Il y a de quoi donner envie de rester. Les paysages sont incroyables. Limite, vous vous dites que ce serait cool de passer un week-end dans cette grande bâtisse au milieu des bois, loin de tout et de tout le monde. Vraiment, on s’immerge dans l’atmosphère et on s’y installe bien. Cependant, j’admets qu’à mi-chemin, si je l’avais regardé chez moi, j’aurais sorti mon téléphone et j’aurais joué à Tower War. Parce que même si l’idée est intéressante que l’histoire bien exécutée, il y a quelques longueurs qui ne pardonnent pas. Il y a un truc dans la répétition de certains mouvements, de certaines scènes, qui rallonge le film. Et qui, du coup, nous habitue à la séquence et la vide complètement de sa force. Et ça arrive plus d’une fois dans le film. Dommage, sachant que quand on rentre dans le vif du sujet avec le twist qui retourne le film, on tient quelque chose de bien, quelque chose de fort. Et au lieu de s’accrocher à la force de cette idée, on se perd un peu dans le rythme un peu paresseux du film.

    Never After Dark est intéressant, il y a un bon jeu d’acteurs — sauf un, mais on ne parle pas de lui. Une idée vraiment intéressante qui aurait pu être un « banger », mais la pâte ne prend pas assez bien. Ce n’est pas fade, mais il n’y a pas assez de goût. C’est juste… mangeable. O.Ek.

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    Gaua : Probably the Best Film in the BIFFF

    Que dire de Gaua ? Parfois, les mots manquent devant l’expérience vécue et la magie qu’on en tire. Pourtant, vous en êtes les témoins privilégiés depuis presque deux semaines maintenant, nous ne manquons d’habitude pas de verve pour parler des réalisations que nous voyons au BIFFF. Mais là, l’énonçable laisse place à l’indicible. En cela, Gaua, c’est un peu comme faire l’amour pour la première fois à quelqu’un qu’on aime. On a déjà fait l’amour avant, mais ce n’est pas la même chose. On ressent tout autrement. Des choses qui auraient pu nous sortir du moment avec d’autres renforcent la force de ce qu’on vit. On commence doucement, presque tendrement, à bas bruit. Comme si le film de Paul Urkijo voulait se présenter à nous sans s’imposer. Et on grimpe doucement la pente d’une narration qui ressemble à un rêve gothique parsemé de quelques terreurs nocturnes sorties tout droit de l’esprit de Guillermo Del Toro. Car la patte du magicien mexicain se fait fortement ressentir sur l’œuvre du réalisateur basque. Dans son procédé narratif qui emprunte beaucoup à la mythologie et au conte mais aussi dans son ambiance sombre sans pour autant être inquiétante. On en oublie presque la noirceur qui nous entoure, comme si elle avait toujours fait partie de notre univers cinématographique. Elle nous enveloppe et nous réconforte presque. Pour finir, après un plateau qui nous laissait penser que le film allait partir vers du plus convenu, Urkijo nous emmène dans une cavalcade finale époustouflante. Pour conclure dans une apothéose qui laissera tous nos sens en éveil. Gaua, c’est un voyage onirique qui n’a rien à envier aux meilleurs films de genre et qui est appelé à devenir une référence en la matière.

    Après Errementari et Irati, c’est la troisième fois que le réalisateur basque vient présenter son folklore et sa mythologie au BIFFF, pour notre plus grand bonheur. Si ses deux premières réalisations étaient particulièrement réussies mais manquaient d’aboutissement, cette fois il nous présente son chef d’œuvre. Entièrement filmé dans des décors naturel et avec des personnages qui s’expriment uniquement en basque, Gaua s’inscrit dans la lignée des productions de Del Toro ou de Bayona mais avec une identité propre. Au final, Gaua est le genre de réalisation qui nous permet de garder espoir. Car oui, à côté des productions standardisées plus lisses, un autre cinéma est encore bien vivant et a de beaux jours devant lui. Et ça, c’est grâce à des personnes comme Paul Urkijo. Alors, on ne peut lui dire que merci. Par contre, je vous préviens, si The Red Mask gagne le Corbeau d’Or devant Gaua (et Nirvanna) je fais une manif devant le BIFFF et j’entame une grève de la faim.

    PS : cheh à Matthieu qui a choisi de ne pas venir en dernière minute pour le voir ! On t’avait prévenu ! O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : un bouc, mais pas n’importe lequel, le bouc à la Serj Tankian de Paul Urkijo.

    Loïc Smars, Orlyna Ekila et Olivier Eggermont

    Loïc Smars
    Loïc Smarshttp://www.lesuricate.org
    Fondateur, rédacteur en chef et responsable scènes du Suricate Magazine

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