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    [BIFFF 2026 Jour 11] La Coupe du Monde du BIFFF

    Après un jour de break passé à comater en hurlant des insanités, c’est reparti pour la seconde semaine du BIFFF et une belle petite Coupe du Monde du BIFFF en ce mardi. Entre la Serbie et ses hooligans, le Brésil et ses joga vampiro no bonito et une ode pour le placement de vos aînés en maison de retraite, la journée a été contrastée ! Mais toujours sur fond de kiff permanent. Gare à vous, la BIFFFstalgie guette. Et toujours pas de trace de l’Italie à la Coupe du Monde.

    Sword of Vengeance, Mad Max chez les hooligans

    À l’heure où la Corée du Sud exporte du cool, de Parasite à Squid Game en passant par BTS, la Serbie, elle, continue de vendre du malaise en pack de douze. Là où Séoul fait du soft power en temps de conflit permanent avec Pyongyang, Belgrade semble coincée dans une esthétique du lendemain de guerre qui ne s’est jamais vraiment terminée. Et le cinéma local, de A Serbian Film à Clip, cultive une forme de brutalité qui ne te donne clairement pas envie d’emmener ton date au Pokawa du coin.

    Et Sword of Vengeance ne déroge pas à la règle. Le pitch ? Un ersatz de Mad Max version Balkans. Deux factions – les Brûlés et les Crânes rouges – s’écharpent dans un monde post-apocalyptique pour une raison un peu floue, une « Tour » à conquérir, mais surtout une envie irrépressible de se foutre sur la gueule comme des hooligans un soir de derby. Le tout saupoudré de deux personnages féminins parachutés dans cet entre-soi viriliste, comme une tentative un peu vaine d’élargir le spectre humain du récit.

    Sur le papier, ça pourrait fonctionner. Les décors tiennent la route, l’univers est crédible et Nemanja Ćeranić connaît ses classiques de cinéma de genre. Mais très vite, le film se tire une balle dans le pied : ça cause non stop. Les mecs ne se battent pas, ils parlent de se battre. Ils se jaugent, se menacent, se promettent de manger leurs grands morts (il n’y a pas ça, mais j’avais envie de le mettre car je trouvais que ça allait bien avec les personnages). Et c’est chiant en fait. Surtout pendant plus de deux heures. Et encore, il nous était annoncé avant la vision que le film avait déjà été raccourci parce que déjà chiant. M.M.

    Instrument attrapé pour le BIFFFodex : une gusle. C’est un instrument, au mieux tu y joues, au plus ça sonne faux.

    Love Kills : Vampirinho Dou Brasiiiil

    Aaaaaaah les films de vampire. C’est un grand classique du cinéma de genre. De Nosferatu à Morse en passant par le trop sous-estimé 30 jours de Nuit ou Entretien avec un Vampire, les réalisations qui mettent en scène les suceurs de sang les plus célèbres de notre imaginaire ont jalonné l’histoire du cinéma et participé à créer un mythe immortel. Et Love Kills vient chier sur tout ça. Oui oui, vous m’avez bien compris. La réalisatrice de Love Kills, Luiza Shelling Tubaldini, a enlevé son pantalon, s’est accroupie et a déféqué sur tout l’héritage culturel du film de vampire. Et même pas un bel étron bien proportionné qui ne laisse aucune trace. Non non, le genre de chiasse avec des grumeaux qui te vient en fin de BIFFF qui vient te signaler que dans 5 fruits et légumes par jour, le houblon n’est ni l’un ni l’autre.

    Et le film ? Bah comme dans le cerveau de Donald Trump ma p’tite dame, y a rien à sauver. Venu tout droit du pays roi du football, Love Kills nous sert une prestation aussi insipide qu’une rencontre d’Arsenal. Défensivement, dans les bases, faut le reconnaître, c’est solide. On part dans du grand classique et les vampires sont très stylés. Mais en même temps, comme l’a fait remarquer très justement Orlyna, si t’es un vampire et que t’as aucun style, t’es vraiment un gros looser. Bah ouais frérot, t’as l’éternité pour te choisir une dégaine, profites-en. Dans le jeu par contre, c’est clairement au niveau de la créativité que ça pêche. On sent que le film manque d’un véritable playmaker et le jeu développé est beaucoup trop brouillon que pour être convaincant. Les actions sont trop souvent forcées et on n’arrive pas à voir de schéma de jeu clair dans tout ça. Et puis devant, la finition c’est cata. Dans les moments décisifs, ça n’arrive pas à faire les différences et au moment de conclure, il n’y a plus personne.

    Comme souvent donc, on adore les films de vampire mais vu que ce genre a été fait et refait, soit les réalisateurs.rices essaient d’innover au risque de se casser la gueule, soit ils font dans le convenu et le prévisible. Love Kills réussit l’exploit de faire les deux : se casser la gueule avec un film prévisible. On est plus sur une prestation à la Brandão qu’à la Ronaldinho. O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : le seum.

    Oddities ou ne faites surtout pas confiance aux vieux.

    Voilà. Oddities confirme que si on se retrouve dans la merde avec sa meilleure pote, avec une brique de coke dans le coffre d’une voiture volée, il ne faut pas s’arrêter devant la jolie boutique d’objets divers qui se trouve au milieu de nulle part. Parce qu’après, c’est le bordel. Il y a des cages, des scies, des rituels, des géants. Bref, ce n’est pas bien fun… enfin pour les protagonistes, hein…

    Nous, de l’autre côté de l’écran, on passe un vrai bon moment ! Adrienne Barbeau nous offre une excellente antagoniste, bien vicieuse, bien tranchante. Sachant que l’actrice n’aime pas les films d’horreur, on admire d’autant plus la performance parce qu’elle nous la tire du fond de ses tripes… donc… peut-être… qu’elle ne joue pas… Je ne m’avancerai pas plus loin. Je l’ai vue utiliser un fusil de chasse et une épée, je ne veux pas de problèmes… L’alchimie avec ses co-star est impeccable ! La tigresse Lilimar et la tweakée Lovie Simone donnent toutes les deux des performances plus que crédibles. Entre rite de passage, tempérament de feu et un amour si sincère entre les deux, on s’attache ! Et on est fiers de les voir évoluer,malgré les circonstances.

    L’histoire, quant à elle, est vraiment bien : intéressante sans être novatrice dans le concept, elle le devient dans son exécution. Distillé proprement tout au long du film, le cocktail de tous les éléments fait qu’il est dur de détacher son regard de l’écran. Quand on voit que 40 minutes sont passées, on panique, parce que ça passe trop vite et qu’on veut en savoir plus. On doit en savoir plus.

    Bref, c’est un bon film, bien foutu quand même ! O.Ek.

    Biffodex : Le seul et unique rat de la grotte. On espère qu’il va bien.

    Matthieu Matthys, Olivier Eggermont et Orlyna Ekila

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