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    [BIFFF 2026 Jour 14] Un BIFFF plein de surprises

    Pour son avant-dernier jour, le BIFFF nous a fourni quelques surprises. Certaines bonnes et d’autres plus discutables. Déjà une Little Night, une première pour le festival, très attendue. Mais aussi et surtout enfin un film de vampire qui tient la route. Et ça, on achète ! Pour finir par un feu d’artifice de mauvais goût comme on l’aime avec un Mum, I’m Alien Pregnant qui restera mémorable !

    Feels Like Home : Le BIFFF c’est une grande famille

    L’adoption, c’est comme une première sodomie. Si tu dois forcer c’est que tu t’y prends mal. Et ça peut laisser des cicatrices. Mais ça, la nouvelle famille de Rita, elle s’en fout. Elle s’est contentée de l’enlever dans la rue et de la séquestrer dans une pièce en persistant à l’appeler Szilvi.

    Je ne vais pas vous mentir, quand j’ai constaté en entrant dans la salle que Feels Like Home était un huis-clos hongrois de 2h, j’étais déjà prêt à taper ma meilleure sieste. Mais c’était sans compter sur Gabor Holtai, le réalisateur. Parce que si sa réalisation commence comme un film de kidnapping tout ce qu’il y a de plus banal, la suite l’est beaucoup moins. On entre très vite dans le jeu de cette famille dysfonctionnelle et, tel un oignon scénaristique, chaque nouvelle couche de l’intrigue nous apporte son lot de questionnements. Réalisé avec un petit budget, ce Feels Like Home arrive très bien à jouer avec ses armes dès le début. Il met en place petit à petit une ambiance malsaine intimiste, sans devoir montrer forcément une violence exacerbée. Vous direz à tous les réalisateurs serbes que c’est possible ! Outre les thématiques et questionnements que le film apport au premier plan, son sous-texte dénonce clairement le gaslighting du gouvernement hongrois (ou plutôt de l’ex gouvernement, cheh Orban) envers ses habitants et l’illusion de liberté qui en découle. Sans avoir de trop grosses prétentions, on arrive donc à apprécier très vite la mise en scène et on se projette donc sur notre petite famille : Le Suricate. Avec Loïc dans le rôle du papa. Le seul adulte dans la pièce parfois qui doit subir toutes nos conneries et nos idées farfelues. Parfois, on se dit qu’il ira acheter des clopes et qu’il ne reviendra jamais, mais au final il est toujours là. C’est qu’il doit un peu aimer ça. Orlyna notre grande sœur. Celle qui nous couvre quand on fait de la merde mais nous fait du chantage ensuite pour ne rien dire aux parents. Et moi bien sûr je suis l’oncle bizarre. Celui qui ne s’est jamais vraiment posé, vit une vie de saltimbanque et sent parfois bizarre aux fêtes de famille. Et Matthieu ? Mais Matthieu c’était le cadet, le petit chouchou, mais Matthieu est malheureusement décédé trop tôt, noyé dans un siphon de lavabo tueur. Mais ça, c’est une autre histoire. O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : un petit bichon maltais, ce serait une bonne addition pour la famille.

    Silencio : est-ce qu’une vampire peut attraper le SIDA ?

    Ce film, ou plutôt une mini-série convertie en moyen-métrage, d’Eduardo Casanova (qu’on avait aperçu en 2011 dans La Chispa de la Vida d’Alex de la Iglesia), est une expérience à part lors de cette édition du BIFFF. Si on a beaucoup plaisanté sur le fait qu’un film de moins d’une heure, au milieu des dizaines de films qui paraissent parfois trop longs, annoncé d’office un très bon film, il a bien sûr d’autres arguments. Déjà, c’est un des rares films de vampires intéressants, et jouant avec les codes du genre, auquel on a droit au BIFFF. Ensuite, c’est très drôle (et tant pis pour les ouins ouins espagnols qui disent que bouh c’est pas beau le langage inclusif – déjà c’est un film et le réalisateur fait ce qu’il veut et vu le thème, je vois pas bien les arguments contre) et absurde à souhait. Mais ce n’est pas parce que ça joue la carte de l’absurdité que ce n’est pas qualitatif. Le film est plutôt bien fichu, que ça soit de la photo, du jeu, du maquillage ou des effets spéciaux. Et surtout, ça parle de sujets de sociétés intéressants et importants, sous couverts de film de vampire rigolo : on y aborde des questions queer et féministes ainsi que la peur des gens face à l’inconnu ou de reparler des débuts du VIH. Silencio, c’était un chouette moment kitsch mais aussi un bon moyen de briser le silence sur ces questions importantes. L.S.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : une vampire qui dort la tête en bas comme une chauve-souris.

    Tristes tropiques : Super Sourd-muet contre les Méchants

    Malgré mon titre ci-dessus, Tristes tropiques, réalisé par Park Hoon-jung, le scénariste I saw the Devil ou The Witch (Partie 1 et Partie 2), n’est pas un film de super-héros. Mais pas loin. Ce n’est pas non plus un film de flingues malgré toutes les fusillades et les découpages à coup de machettes. Mais pas loin. Ce n’est pas un film de vengeance. Mais pas loin. Enfin, ce n’est pas tout à fait un film coréen vu qu’il y a toutes les nationalités, qu’on ne sait pas vraiment où l’action se situe (hormis la jungle environnante) et que le film passe de l’anglais au coréen sans vraiment de logique). Mais pas loin. Car en fait, c’est un peu tout ça, enrobé de questionnements psychologiques. Le film paraît parfois un peu con (le personnage principal qui semble de prime abord demeuré), parfois juste une histoire de vengeance où on tue des dizaines de méchants mais se révèlent souvent plutôt intelligent (à commencer par son titre Tristes tropiques, en français dans le texte, inspiré du best-seller ethnographique de Claude Lévi-Strauss du même nom). Le problème, quand on veut rendre un film d’action intelligent, c’est qu’il est difficile de bien doser le ménage de deux et de ne pas casser le rythme avec trop de longueurs. C’est un peu le cas de ce film de près de deux heures et les longueurs, au BIFFF, ça ne pardonne pas. Mais le voir dans d’autres circonstances le rendrait moins usant sur la durée ? Ou est-ce qu’Olivier, dans la vie réelle est plus supportable ? Dans un cas, comme dans l’autre, je vous laisse seul juge. L.S.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : des enfants qui viennent de la jungle (ha oui, je l’ai oublié ci-dessus, mais le pitch principal du film, c’est l’histoire d’enfants recueillis par un maître qui les emmène dans la jungle pour en faire des tueurs et les appelle les Tristes Tropiques)

    Mum, I’m Alien Pregnant : Mom, I’m your (Peter Jack)son

    Est-ce que quelqu’un a vu Loïc ? Parce qu’il était juste derrière moi après Tristes Tropiques et ça m’étonnerait qu’il ait raté Mum, I’m Alien Pregnant. Bah oui, parce que le film a tout ce qu’il faut pour lui plaire ! De l’humour décalé à souhait, un body horror totalement déjanté qui n’en finit jamais et un rythme cadencé au millimètre pour nous happer directement ! Bon, si vous le voyez, faites nous signe !

    Parce que le bougre, il a raté une belle tranche de « Putain qu’est-ce que je viens de voir calice de tabernacle ! » Sorti tout droit de l’esprit du duo dérangé Sean Wallace et Jordan Mark Windsor, qui s’est appelé Thunderlips, ce Mum, I’m Alien Pregnant est un petit bijou de body horror néo-zélandais dans la droite lignée des premiers délires de Peter Jackson sans le côté gore. Une sorte de Braindead sous ecstasy qui pousse tous les codes du genre au curseur maximal. Parce que non content de nous foutre une scène de branlette mutuelle entre une meuf et un gars qui a un pénis d’alien, le film continue dans la même veine pendant toute son heure et demie qu’on ne voit pas du tout passer. « Je questionne tous les choix de vie qui m’ont mené à voir ce film », me glissa Orlyna durant la séance. Et pourtant, elle est restée jusqu’au bout. Déjà parce que MIAP (trop long ton titre gros) réussit directement à nous immerger dans son univers mais aussi parce que les personnages sont attachants, bien interprétés et surtout que tout est authentique. Et pourtant, le film est tiré d’un court métrage du même duo à la réalisation appelé Help, I’m Alien Pregnant. Et qu’est-ce que notre duo Thunderlips a fait pour transformer son court en long ? J’ai entendu « acheter du viagra » au fond de la salle. C’est pas ça ! Ils ont ajouté encore plus de vomi, de pipi, de caca et de bites d’alien bien sûr !

    Après Fuck My Son, il nous fallait un autre film de body horror pour boucler la boucle de ce festival. Et cette fois, on en est ressorti chamboulés mais heureux. Parce que MIAP est une réalisation joyeuse, authentique et sans aucun tabou. Les réalisateurs jouent le coup à fond, ne retiennent absolument rien et donnent tout ce qu’ils ont avec une générosité qui ne peut que nous ravir. Un vrai kiff totalement assumé et communicatif ! Malheureusement, il se conclura par une note plus triste. En rentrant chez moi en trottinette, j’apercevais non loin du pont Van Praet une silhouette familière étendue sur le sol. Pas de doutes, c’était Loïc ! Et l’autopsie pratiquée ce matin par le Dr. Matthystein est formelle : Loïc a été écrasé par une meute de bousiers migrateurs venus au BIFFF pour transporter Karmadonna. Quelle mort de merde ! Adieu l’artiste.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : un pénis d’alien qui crache de l’acide.

    300 minutes à regarder les fantasmes des autres

    Il est 7 h du matin, votre humble chroniqueuse carbure au Red Bull, biscuits et autres substances non identifiées, donc les chroniques suivantes vont se dégrader petit à petit. Suivez-moi dans les méandres de ma Little Night !

    Première partie : La dernière neige de Rodolphe Bouquet-Populus : Coincé dans un télésiège, Guillaume est pris au piège parce qu’au sommet de la montagne, il y a un machin qui dégomme du skieur. Premier coup de cœur de la nuit. Le point de vue changeant à un moment est le petit détail qui fait de ce court une véritable expérience. The Humbug de Cole Paviour : Ça se passe dans la maison de retraite d’Olivier. Deux petites vieilles discutent autour d’une friandise qui semble leur donner des orgasmes. Cadeau du Humbug, il ne faut surtout pas oublier de lui en laisser la fin (supplément salive bien gluante), sinon, gare à vous. Très creepy comme atmosphère, l’Humbug est réussi et met vraiment mal à l’aise.Headcase de Spencer Zimmerman : Une influenceuse bien-être prête à tout pour réussir ! Bien fait et avec une histoire intéressante, ce n’était pas une expérience incroyable pourtant. Bleat d’Ananth Subramaniam : Quoi ? Pourquoi le bouc est enceinte ? Quoi ? Je n’ai aucune idée de ce que j’ai regardé. Väsen de Kristofer Vishnu Kiggs Carlsson : J’ai adoré ! Dans une période de famine, les habitants d’un village se tournent vers le Gårdstomten et son armée d’enfants morts mangeurs d’hommes. Le folklore ça marche toujours. Meatcrayon de Richard Rotter : Monsieur Meatcrayon est le meilleur des amis imaginaires. Ils dégomment les méchants parents et puis il fait des pastels de leurs restes. C’est génial !

    Deuxième partie : Last Night Stand de Pierre-Luc Gosselin & Béatrice Blais : Une meuf qui peut devenir soit ton plus grand fantasme, soit ton plus gros cauchemar. Filmé façon pub Durex, c’est surtout une publicité de prévention pour les gars qui ont du mal à entendre « non » de la bouche des dames. Pépite. Silver Anniversary de D.M. Harring : Deuxième short le plus long de la nuit. Il n’avait pas besoin de l’être. Lixivious de Sébastien Auger : Une gosse qui achète un masque de clown parce qu’il lui parle. Ensuite, je dissocie pendant une partie du film et quand je reviens, ça tire de partout et ce masque de clown me fixe dans les yeux. Brûlez-moi. Boiling Point de Ying Ze : Il y a trop de couleurs, une saturation démoniaque et mon cœur bat trop vite. Est-ce le rythme du film ou les 3 Red Bulls que j’ai enchaînés ? Mystère ! Grandma is thirsty de Kris Carr : Si un jour des jumeaux roux sortent de nulle part et qu’ils ont la même voix que ton oncle qui fume 3 paquets par jour, il ne faut peut-être pas leur faire confiance ? La famille bizarre, ça marche toujours, ça s’oublie très vite aussi. Would you rather de Sophie O’Donovan : Alors, si tu te sens comme une merde quand t’es avec tes potes, au point où t’es prêt à te faire charcuter la main dans un mixeur pour être accepté : ces gens ne sont pas tes potes. Voilà.

    Dernière partie : The Seeing Eye Dog who Saw too much – Eric Jackowitz : Une violoniste voit les gens mourir chez elle, n’importe comment. Un tueur fou rôde dans ses couloirs. Un kitsch façon telenovela assumée. Délicieusement ridicule, volontairement prévisible et pourtant on s’amuse dans ce délire. Headphones de Steven Arriagada : Un gars reçoit des instructions d’une mixtape pour sauver sa collègue d’une mort certaine. On a adoré l’idée. On n’a pas bien compris l’exécution. Dysphoria de Kylie Aoibheann : J’ai dissocié pendant ce film, quand je suis revenu un gars était à quatre pattes et sa meuf obtenait ce qu’elle voulait. Du coup, je dis que c’est un excellent film. I beg your pardon de John W. Lustig : Un gars qui bute sa copine et PERSONNE ne lui en veut, son regard atterré tout au long du film est incroyable. Knitting Club de Diogo Abrantes & João Rito : Des grands-mères qui butent un facteur avec une pelote de laine démoniaque. Voila. The Bones Exist – Kelsey Deanndra Bollig & Matthew DuVall : Il y a un gosse qui mange des bras et des oiseaux préhistoriques ? C’était trop long. J’ai perdu la lutte. Louche – Vivien Salvagione : Je n’ai pas dissocié (je crois). Et je n’ai rien compris. Pas le meilleur film pour terminer la nuit. O.Ek.

    Olivier Eggermont, Loïc Smars et Orlyna Ekila

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