Ca y est, la fin approche. Mais ce dernier jour du BIFFF nous réserve encore son lot de surprises et nous permet de ne pas sentir tout de suite la BIFFFstalgie. Si Matthieu semble être réellement décédé des tentatives d’Olivier, les trois autres larrons sont bien présents pour boire les dernières bières avant l’abstinence.

Beast of War : Nadal contre le BIFFF 2-6/6-7
C’est la dure loi du sport. On peut avoir été un des plus grands champions de l’histoire du tennis voire de l’histoire du sport et ne pas réussir son comeback au plus haut niveau. Et pourtant, l’histoire avait tout d’un conte de fée. Après un an et demi de retraite bien méritée, le plus grand guerrier de l’histoire du sport, Rafael Nadal, annonçait son retour à la compétition pour le plus grand bonheur de tous ses fans. L’occasion d’aller chercher le record de tournois du Grand Chelem détenu à présent par Novak Djokovic (24). Avec deux échéances à l’horizon : le BIFFFstralian Open et WimbleBIFFF. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Opposé à Daisy Ridley pour le BIFFFstralian Open, Rafa n’arrivait pas à trouver la faille face à une adversaire coriace qui l’a fait danser pendant tout le match. Résultat : une élimination précoce. Hier, le natif de Manacor avait l’occasion de se rattraper au WimbleBIFFF. D’autant que face à lui se dressait un adversaire qu’on avait plus vu depuis longtemps sur les courts (ou longs) : un requin. Et je vous vois d’ici. Un requin ça a pas de bras et pas de mains, comment il pourrait tenir une raquette de tennis ? Et puis le requin il va essayer de bouffer des gens, si on met pas le terrain dans un bassin il arrivera pas à jouer. Non mais oh ! C’est quoi ce spécisme ? Les requins ils ont le droit de jouer au tennis comme les autres ! Faut arrêter les clichés hein, on est en 2026, les Dents de la Mer c’était y a 50 ans, à un moment faut passer à autre chose ! Il n’y a aucune preuve que Bruce soit responsable de ce qui est arrivé à l’Orca et puis statistiquement, il est plus probable de mourir écrasé par un troupeau de bousier migrateur que tué par un requin ! Faut vivre avec son temps ! Et vivre avec son temps, c’est le choix que Beast of War a choisi de ne pas faire. Après un avant-goût d’entraînement militaire dans la jungle australienne, on atterrit très vite dans le terrain de prédilection de notre requin : la flotte. Parce que si les requins ont investi les terrains de tennis, ce n’est pas encore le cas de la jungle. Mais qui sait dans Sharknado 12 ?
Autant vous le dire tout de suite, si vous n’aimez pas le schéma des films de requin, n’allez pas voir Beast of War. Ouais, dis comme ça c’est logique mais bon j’ai un pote qui s’est plaint de ne pas aimer les champignons au resto alors qu’il avait commandé un vol-au-vent. Ouais ouais Christian, c’est de toi que je parle. Le film de Kiah Roache-Turner (à qui on devait notamment les Wyrmwood) suit en effet à la nageoire près tous les codes du genre sans jamais nous proposer quelque chose d’original ou même de vaguement surprenant. Le requin il est méchant et il veut tuer tout le monde. Dans les humains, y en a des méchants et des gentils. Mais le requin il est vraiment très méchant et il a vraiment très faim. Cette fois, notre Rafael Nadal y aura laissé son coup droit. Jeu, set et match pour le BIFFF ! O.Eg.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : à votre avis ? Un bon gros squale bien sûr.

Obsession : If I had one wish …
Si j’avais un vœu à faire, je souhaiterais que le BIFFF ne s’arrête jamais. Mais je sais que ce vœu se retournerait contre moi. Notamment parce que la majorité de l’organisation, quand ils auront compris que c’est moi la responsable de leur enfer, se retrouvera vite fait en bas de chez moi avec fourches, pelles, cocktails Molotov et haches. Mais aussi, parce que c’est connu : les vœux sont toujours, toujours à double tranchant.
Bear était bien trop con pour le savoir. Du coup… il s’est foutu dans la merde. Voyez-vous, Bear, il est amoureux de Nikki depuis sept ans et il n’a jamais osé lui dire. Et il n’osera jamais lui dire ! Par contre, il va faire un vœu à partir d’un étrange jouet qu’il a trouvé dans une étrange boutique, où la caissière le prévient — sans le prévenir — que ce qu’il achète est potentiellement dangereux. Le vœu de Bear ? Que Nikki l’aime plus que tout au monde.
Le coup du vœu amoureux qui devient monstrueux, on l’a déjà vu traité bien des fois ! Mais c’est la première fois que je vois un film qui approfondit le sujet, et qui, en plus, le fait de la manière la plus malfaisante possible. Ah, parce qu’on n’est pas bien pendant ce film, hein ! Première raison : Bear n’a pas de couilles. Du coup, il nous casse les nôtres. Chaque décision qu’il prend nous donne envie de fracasser sa tête contre un mur. Deuxième raison : Inde Navarrette est absolument magistrale dans son rôle de petite amie obsessionnelle/victime de la lâcheté des zhommes. Troisième raison : Ce qui aurait très bien pu devenir une parodie ou un comique lourdingue devient vite une situation qui nous met mal à l’aise et on sent venir le dénouement. Rien de bon ne sortira de cette histoire, malgré notre espoir. Violence conjugale, chantage affectif et autres détails sordides, il y a cette note de réalité qui nous empêche de rire à 100 % du film. Quelque chose en nous se noue. Des images, des souvenirs remuent et puis vient l’absurdité qui nous fait éclater de rire ; le rire est lourd, un peu stressé, mais on respire. Parce que ce n’est qu’un film. Ce n’est qu’un film. Ce n’est qu’un film. O.Ek.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : Sandy le chat. L’autre victime de la lâcheté des Zhommes.

Flush : huis-closet
C’est encore tout retourné par Obsession et abandonné par mes camarades que je me dirigeais vers le Ciné 1 pour cet avant-dernier film du BIFFF. Heureusement, le festival nous avait réservé ce qu’on préfère pour la fin : de l’humour sur le caca. C’est sûr qu’après Mum, I’m Alien Pregnant, on en avait bien besoin.
Flush, c’est un pitch très simple : un gars (Jonathan Lambert) trouve de la coke dans les toilettes à la turque d’un bar et alors qu’il essaie de molester le rat coké du propriétaire de la came (Rabla aka Rataschnouffe), ledit propriétaire lui enfonce la tête dans le trou des chiottes à coup de semelle dans la gueule. Charmant. On reste donc à l’intérieur de ces toilettes bien sordides en compagnie de Jonathan Lambert pour un huis-clos aux relents fécaux totalement assumés.
La perspective de passer 1h10 avec la tête dans la cuvette des chiottes avait de quoi rebuter de prime abord. Des mauvais souvenirs de secondaire faut croire. Mais heureusement, ce Flush est un pur produit calibré pour le BIFFF et on le remarque très vite. Le rythme est bien calibré, on ne s’ennuie jamais malgré l’unité de lieu et le peu de personnages en jeu et surtout on rit. Parfois franchement, parfois jaune et parfois noir. Parce que Flush joue d’un humour sordide communicatif et se complait à faire passer à Jonathan Lambert un moment littéralement merdique. Avec un point de bascule très tôt dans le film, on reste facilement accroché à l’histoire grâce à une narration simple mais sans fioritures inutiles. La réalisation de Grégory Morin joue allégrement le comique de répétition et comme vous avez pu vous en rendre compte durant ce BIFFF, nous le comique de répétition on aime bien ça au Suricate. Sauf quand ce sont des blagues qui se répètent, ça on aime pas trop. Pourquoi ? Ben parce que si ça se répète trop c’est un peu lourd. Mais le comique de répétition en revanche, on adore. Bref, Flush c’est un bon délire bien réalisé et bien porté par Jonathan Lambert. Efficace et surtout acéré. O.Eg.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : Rabla, le rat coké qui traîne dans les toilettes.

Sleep No More : Dormir encore ? Jamais plus !
Quoi de mieux qu’un film de possession indonésien pour clôturer ce BIFFF ? Beaucoup de choses me direz-vous. Et vous avez raison. Mais tort aussi. Déjà parce que Sleep No More, ça a été l’occasion de taper ma meilleure sieste pendant la moitié du film mais de quand-même pouvoir tout comprendre. Bah oui, l’intrigue avance aussi rapidement qu’une neurone de Donald Trump donc y a plus difficile à suivre. Et l’intrigue elle est plutôt simple : des travailleurs exploités dans une usine se font posséder par une sorte de démon capillaire et après la mort de leur mère, deux jeunes filles vont vouloir découvrir le secret derrière tout cela à l’aide de leur frère chelou. Voilà. Je serais bien en peine de trouver autre chose à dire sur Sleep No More mis à part que le film est tellement oubliable dans quelques mois, même son réalisateur l’aura sûrement oublié. Je vais donc profiter de la tribune qui m’est offerte pour évoquer le palmarès de cette édition du BIFFF. Parce que je ne sais pas ce que les différents jurys ont pris pour les composer mais faut partager les bonnes adresses aux copains parce que c’est de la bonne ! Alors déjà qu’on ne donne aucun prix à Gaua, c’est déjà un scandale en soi. Mais qu’on préfère les attribuer à Never After Dark et Tristes Tropiques, ça frise le foutage de gueule. Donnez un prix à The Red Mask tant qu’on y est ! Récompenser Nightborn, on peut le comprendre même si un 100 Nights of Hero méritait beaucoup plus selon moi mais par contre, donner le Black Raven à Sicko devant Zhaza, ça va à l’encontre de la convention de Genève ! Oui oui, j’ai le seum et je l’assume !
Bon, malgré ces prix au mérite discutable, on a tout de même passé une édition exceptionnelle de notre festival préféré sur terre. Alors pour conclure, on ne peut dire que merci. Merci aux organisateurs, merci aux bénévoles, merci aux exposants, merci aux employés du festival, merci aux amis qu’on retrouve ici, merci aux réalisateurs et aux équipes des films, merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce kiff de deux semaines que nous venons de vivre. Au moment d’écrire ces lignes, la BIFFFstalgie n’a pas encore frappé mais nul doute que demain, en route vers le boulot, j’aurai un petit pincement au cœur et l’envie de revenir dans une salle sombre à beugler des conneries devant des films à la qualité variable. BIFFF, on t’aime. Où que tu sois, quels que soient tes choix, on sera là. À l’année prochaine et n’oubliez pas : l’humour de répétition c’est pas drôle. Sauf quand ce sont des blagues qui se répètent, alors ça c’est marrant.
Bisous
O.Eg.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : le chat de l’héroïne qu’elle a oublié pendant tout le film alors que son proprio a menacé de l’embrocher.
Orlyna Ekila et Olivier Eggermont
