En ce lundi de Pâques, jour de résurrection, le BIFFF nous propose les aventures de…Biscuit, le Chien Fantastique. Le film le plus wouf de ce printemps. Dis comme ça, on se dit qu’il doit y avoir une couille dans le pâté. Biscuit va attraper la rage et se mette à découper tout le monde dans une avalanche de tripailles et de sang. Mais non. Au grand désespoir des nombreux enfants présents. Heureusement, les grands enfants que nous sommes ont pris un pied monumental devant The Forbidden City de Gabriele Mainetti qui nous sert encore une masterclass ! On le sait, Gabriele ne nous laissera jamais mourir d’amour enchaîné !

Biscuit, le chien Fantastique : Parce qu’il a toujours été fantastique !!
Après trois jours à regarder des corps se faire découper, des tanks faire des doubles saltos avant et des gens se retirer les yeux avec des cuillères, je suis missionnée pour aller voir Biscuit le chien fantastique. Bon, je sais que c’est parce que mes collègues sont des gars biens et qu’ils veulent préserver mon âme d’enfant. Des gars biens, je vous dis. Du coup, je veux leur faire honneur ; en plus, j’adore les dessins animés et c’est Artus qui fait la voix de Biscuit. Combo gagnant !
Mouais. Je vous la fais courte : C’est l’histoire d’un chien fantastique et d’un chat méchant qui sont kidnappés par des aliens pour devenir les animaux de compagnie d’un prince extraterrestre qui a la même « vibe » que Joffrey Baratheon. Sauf que le Prince n’est pas satisfait, alors il les renvoie sur Terre. Mais ils reviennent avec des pouvoirs : Biscuit vole, Pudding — il y a un truc avec les noms de desserts, là — fait de la télékinésie, et les deux parlent. Biscuit, qui était déjà fantastique, devient « super fantastique » façon Superman de 93 joué par Dean Cain. De l’autre côté, Pudding, qui était déjà méchant, devient super-méchant et veut contrôler le monde. Mais Biscuit est là et, avec le pouvoir de l’amitié, il peut vaincre touuuuuut les obstacles.
Alors, bien que consciente qu’un film pour enfants n’est pas obligé d’être une œuvre à plusieurs niveaux avec plein de subtilités, votre humble chroniqueuse considère qu’ils ont quand même droit à une histoire « pleine ». Quelque chose avec de la consistance, de l’originalité. Ici, on tombe sur une intrigue et des personnages si classiques qu’en réalité, deux minutes après la fin, on a déjà oublié Biscuit. Et c’est bien triste, parce qu’il y avait de quoi faire. En tout cas, les enfants l’apprécieront, c’est quand même eux le public principal. Moi, je ne suis qu’une adulte dont l’organisme est composé à 95 % de seum. O.Ek.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX: Les trois comparses débiles de Pudding, le chat.

Kyma, l’onde mystérieuse : Peut-etre le son, c’est un animal. On sait pas.
Mon 4e jour au BIFFF était placé sous le signe de la jeunesse. Des films pour un public plus jeune, donc avec des personnages plus jeunes. Sachant que je ne supporte pas les personnages adolescents au cinéma — parce qu’ils sont rarement, rarement bien écrits — ma première partie de journée était… quelque chose.
Ici, on suit Tony. C’est un adolescent solitaire qui se sent mieux avec les animaux qu’avec les humains. Il vit avec son papa pendant que sa maman, super-zoologiste, est en voyage pour le travail ; il lui en veut d’ailleurs d’être partie. Tony a quand même deux potes, même s’il ne réalise pas que ce sont des amis : Zoé, la meuf au langage de charretier qui jure qu’elle va devenir journaliste. Elle cherche à faire du « vrai » journalisme pour faire tomber les riches et veut être une badass qui gagnera le prix Pulitzer, parce qu’elle veut faire du journalisme. Elle veut prouver qu’elle peut être une vraie journaliste. Vous avez capté qu’elle voulait être journaliste ??? Et Ousmane, un gosse de foyer qui trouve une seconde chance dans une des fermes de la ville en s’occupant des chevaux. Un jour, Tony au lieu de trouver un chat comme nous tous, il trouve Kyma. Alors, Kyma, c’est quoi ? C’est une forme de vie sans corps ni forme, qui ne se révèle et ne communique que par le son. Kyma semble être très importante pour des hommes en noirs, qui viennent fouiller la maison de Tony et qui menacent subtilement les gens. Des gros méchants, quoi. Bon, je vais être honnête : je n’ai pas tout compris au concept de ce qu’est censé être Kyma. Mais le film ne m’a pas dérangée pour autant. Au contraire, je me suis surprise à ressentir de l’affection pour cette entité, même si je ne sais toujours pas ce que c’est.
Le film est vraiment bon. Pour un petit budget, la production et les moyens utilisés pour donner vie à cette étrange entité forcent le respect. Je pense même que ça peut être l’un de ces films qu’un gosse regarde et qui fait remuer quelque chose en lui, que ce soit un amour pour le cinéma ou pour la science. O.Ek.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : Malabar le cheval, RIP mon gars.

Evil Dress : A la maison, il y a des trucs qui tournent pas rond.
Tout d’abord, je voudrais remercier les organisateurs du BIFFF pour cette merveilleuse chasse aux yeux. Cela m’a effectivement permis d’en trouver de tout beaux, tout neufs, depuis que la vision de The Red Mask a brûlé mon ancienne paire.
Après une bonne bière offerte, direction donc la salle de projection, toujours en compagnie de mes deux zombies de confiance : Orlyna et Olivier… Mais à ma grande stupeur, Olivier n’était point Olivier, mais Julie. « Où erre donc ce gougnafier d’Olivier ? » lui demandai-je. Elle me répondit en pleurs, lâchant cette tasse de caf’ qu’elle avait elle-même torréfié : « Une histoire horrible. Hier, en organisant une chasse aux œufs vers 23h56 dans le parc juste en face, il s’est chopé une myxomatose. Sa tumeur anogénitale a littéralement explosé, il ne sera hélas plus des nôtres ». Même si j’étais triste, je compris la raison pour laquelle Olivier avait écrit tous ses articles avant le début du festival, il se savait condamné ! Mais bon, comme on dit à Guingamp, allons de l’avant !
Voici donc Evil Dress, un film espagnol d’une heure quinze seulement, ce qui est parfait pour aller droit au but. L’histoire est celle d’Alicia, une mère espagnole fraîchement divorcée, qui emménage dans une grande baraque avec sa fille. Deux problèmes se mettent en travers de sa route : sa fille qui semble être possédée par le diable, mais pire encore, les frais qu’implique son choix de vie. Car Alicia est une GROSSE PINCE, UNE RADINE !
Alicia, tu loues un manoir 56 pièces avec balançoire pour 620€ dans une grande ville espagnole ; t’allume jamais la lumière ; t’achète pas de WD40 pour tes putains de portes qui grincent ; tu te sers de la bible offerte par tes gentils voisins comme post-it pour mettre tes phrases inspirantes ; tu roules au mazout de chauffage dans une cariole qui passe plus au contrôle technique ; tu te gares dans ton jardin parce que la rue c’est trop cher ; t’achète des vêtements sur Temu pour ta fille qui sont trop petits, elle est même obligée de recoudre cette vieille robe que t’as déniché dans la malle à déguisements de Loïc ; il y a même des trous dans les châssis, ca laisse passer des putains de courants d’air. Et tu te plains que la petite – que t’emmène pas chez le coiffeur alors qu’on dirait un lévrier afghan ! – tire la gueule !? Tu fais chier Alicia ! J’appelle le service d’aide à la jeunesse ! M.M.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : un lapin sexy dans le parc d’en-face.

La città proibita : l’héroïne ultime
Connaissez-vous Gabriele Mainetti ? Si oui, vous pouvez vous arrêter à cette phrase : « regardez La città proibita, son nouveau chef-d’œuvre ». Si ce n’est pas le cas, restez avec nous un moment qu’on vous explique pourquoi il faut découvrir son travail. S’il débute comme comédien dans des films mineurs et séries télés moyennes, se décide un jour de réaliser des courts-métrages et c’est la révélation. Son deuxième, Tiger Boy, a un succès retentissant qui lui permet de réaliser son premier long métrage : On l’appelle Jeeg Robot. Et c’est à nouveau un succès dans son pays d’origine et dans les festivals étrangers. A ce moment, on se dit que c’est bon, maintenant il faut se planter. Et bien non ! Son deuxième film, Freaks out, présenté au BIFFF en 2022, est une totale réussite, notre coup de cœur de cette édition. Et 4 ans plus tard, notre cher BIFFF nous fait un magnifique cadeau : son troisième film !
Si d’habitude, on tente de dire un paquet de conneries, à chaque film du festival, quand on tombe sur la pépite de l’année, c’est plus compliqué. Si on relit mon article de 2022 sur Freaks out, c’était pareil, très peu de mots, juste l’envie de vous dire : « regardez-le » ! Pourtant, la promesse de plonger cette fois dans l’univers du kung-fu n’est pas le meilleur moyen de me convaincre. Être fatigué d’un très long WE et se taper 2h18 de film, n’est souvent pas la meilleure solution pour rester éveillé. Et pourtant, pour la troisième fois, Gabriele Mainetti réussit l’impossible : me tenir éveillé aussi longtemps, réussir pour la troisième fois à m’impressionner mais surtout, à faire taire le public du BIFFF ! Que vous aimiez nos chroniques ou pas, ce festival ou non, je vous conseille sincèrement l’œuvre de ce réalisateur. Vous vous souviendrez longtemps de l’héroïne incarnée par Yaxi Liu et la manière dont elle botte des culs (on sent l’influence de The Raid) afin de venger sa sœur. L.S.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : aucune blague dans cette chronique, même dans le BIFFodex.
Orlyna Ekila, Matthieu Matthys et Loïc Smars
