Berezina, sur les traces de Napoléon

Scénario : Virgile Dureuil et Sylvain Tesson
Dessin : Virgile Dureuil
Éditeur : Casterman
Sortie : 17 novembre 2021
Genre : Roman graphique

Après avoir adapté Dans les forêts de Sibérie en bande dessinée, Virgile Dureuil, passionné par l’univers poétique de Sylvain Tesson reprend du service avec Berezina, le récit d’une épopée en side-car sur les traces de Napoléon.

Ils sont cinq : trois Français et deux Russes. Unis par l’amitié et par un grand défi, ils décident de commémorer à leur façon le bicentenaire de la retraite de Russie : en suivant le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle. Partis de Moscou, Sylvain Tesson et ses amis traversent l’immense Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne, faisant route vers Paris au volant de leurs Oural, ces side-cars russes réputés indestructibles. En chemin, ils franchissent le fleuve Berezina, devenu au fil du temps un nom commun pour désigner les échecs les plus cuisants…

Si la plupart des monuments évoquant les moments clés de l’histoire sont souvent présents pour rappeler une victoire ou la prétendue supériorité intellectuelle de telle ou telle nation, on a rarement l’occasion de confronter la réalité du terrain avec les faits historiques lorsqu’il s’agit d’une défaite. Berezina est dès lors encore plus intéressant car l’ouvrage parle des déboires de celui qu’on considère comme un excellent stratège.

Se confronter aux événements

A travers les multiples allers-retours entre le XIXème siècle et l’époque actuelle, Sylvain Tesson nous parle non seulement de géographie et de températures glaciales, mais également de l’évolution des mentalités au cours des deux derniers siècles, de la notion de bravoure, d’honneur et de ce qui fait encore vibrer les foules.

Face à des personnages qui voulurent révolutionner le monde, l’épisode de la retraite de Russie est là pour nous rappeler que nul n’est immortel ou infaillible et que devant la puissance de la nature, chacun devrait rester humble… ce qu’un autre important protagoniste de l’Histoire oublia une centaine d’année après les événements de la Berezina.