Opération âme errante de Richard Powers : le monde de l’hôpital disséqué

Titre : Opération âme errante
Auteur : Richard Powers
Editions : Cherche-midi
Date de parution : 5 septembre 2019
Genre : roman

Que se passe t-il dans la tète d’un pédiatre confronté jour après jour à des enfants malades ? C’est la question  sur lequel repose le quatrième roman de Richard Powers Opération âme errante (500 pages).  Dans un système médical avec de fortes contraintes économiques et humaines, comment donner la place nécessaire à l’enfance ?

Les deux protagonistes principaux de cette fiction, l’interne en chirurgie pédiatrique Richard Kraft et sa collègue thérapeute Linda, travaillent à l’hôpital Carver de Los Angeles. Au sein de l’hôpital, la pression qui pèse sur le corps médical est constante : rapports compétitifs, obligation de limiter les coûts et de gérer le nombre important de patients.

Initialement publié aux Etats-Unis en anglais en 1993, le roman parait ce mois-ci en français et reste d’actualité sur fond de crise dans les services d’urgences en France. Très ancré dans la Cité des anges, le livre se veut aussi mondialiste dans son approche par la diversité d’origine des petits patients.

Le roman n’a pas d’intrigue en tant que tel. Kraft et Linda traitent une série d’enfants aux cas désespérés, dont une Thaïlandaise Joy Stepaneevong, victime de la progeria, une maladie qui fait vieillir à vitesse grand V et un garçon sans visage. De plus, il est certainement plus facile de s’immerger dans une série télé hospitalière que dans ce roman. Et pour cause, on suit l’interne avec un certain ennui car l’auteur ne parvient pas à créer une réelle connexion avec ce personnage principal. Le récit est fréquemment interrompu par des histoires d’enfants maltraités, notamment l’évacuation d’enfants de Londres pendant le Blitz, Anne Frank et l’Holocauste.

Par ailleurs, ce trop long roman regorge de dialogues écrits comme l’on parle et de faible profondeur. Richard Powers a fait le choix de truffer son roman d’images qui, selon nous, ne sonnent pas juste ou sont inutilement ampoulés : “la gravité ratatine Kraft en l’empoignant par les trapèzes”, “mais cet effilement polynomial, Kraft pourrait le dessiner à main levée”.

Myriam Watson
A propos Myriam Watson 33 Articles
Journaliste du Suricate Magazine