Zephyra : Mental Absolution

 

Contrairement à ce que l’on pense, la Suède n’est pas seulement le pays du Kivik, du Leksvik, du Ektorp ou autre Abba. C’est aussi le pays d’une productive jeunesse musicale. Et parmi les nombreuses formations qui ont pointé le bout de leur nez ces dernières années, l’une d’entre elles a retenu notre attention : Zephyra.

Ce groupe, mené par Åsa Netterbrant nous sert un metalcore mélodique du plus bel effet. Avec de solides compositions et cette diablesse au chant, autant dire que les Arch Enemy et autres groupes du genre n’ont qu’à bien se tenir face aux Suédois de Zephyra.

Le premier album, Mental Absolution, est sorti fin de l’année 2014 et propose déjà un panel assez complet de ce dont ce groupe est capable de faire.

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Imprisoned Queen ouvre l’album avec un groove metal bien remuant et on remarque de suite les énormes prouesses vocales de la chanteuse qui apporte un complément non négligeable à cette formation déjà bien rodée rythmiquement et mélodiquement.

On retrouve Tony Netterbrant, le mari de la chanteuse à la guitare. Celui-ci a visiblement un sérieux bagage musical vu la qualité de ses phrasés et des riffs très efficaces. A la basse, Tobias Oja apporte ce qu’il faut de soutient à ce brillant batteur qu’est Kujtim Gashi qui donne véritablement un cachet à l’ensemble du travail du groupe.

Tout est limpide, propre et fichtrement bien huilé dans ces titres qui fonctionnent tout simplement parce que ce groupe a beaucoup travaillé pour en arriver là et le résultat est là.

Forced Family montre encore cette capacité qu’a le groupe a maîtriser la puissance et la mélodie pour faire un mariage harmonieux. Asa nous offre davantage de sa sensibilité dans ce titre et l’on est impatient de découvrir le reste.

Not Without My Scars est, quant à lui, un titre qui envoi valser. Tout est noirceur et puissance ici. Encore une fois, beaucoup de variations rythmiques et d’ambiances très bien travaillées vocalement et rythmiquement. De très beaux phrasés à la guitare et un travail à la batterie qui montre tout le travail de ce groupe décidément très doué.

Il faut souligner qu’aucun instrument n’est mis de côté ici. La basse occupe donc une belle place dans les morceaux. Lies And Deceit en est un bel exemple.

Plus élaboré et puissant, Emotional Surgery offre de surprenants changements rythmiques. La voix d’Åsa Netterbrant est encore de toute beauté ici. Rugueuse à souhait et douce lors des refrains, cette chanteuse a visiblement une très bonne maitrise de ses cordes vocales. Il faut dire que depuis sa création en 2009, le groupe a beaucoup expérimenté et la suédoise a appris rapidement à dompter son organe.

Kiss The Abyss début doucement et permet de souffler un peu. Mais passé la douce introduction, le groupe hausse de nouveau le ton tout en gardant une certaine retenue.

Schizophrenic Sanity est certainement le titre le plus réussi du disque. Une intro des plus macabres et angoissantes. Un morceau qui convient à merveille au groupe qui se fait plaisir en servant des riffs aux accords mineurs bien lugubres. Des rythmiques soutenues et écrasantes, des cris qui tapissent le fond sonore de la chanson et cette voix qui oscille entre innocence et rage. Une vraie réussite.

Plus soft, Atychiphobia (la peur de l’échec) sonne très différemment dès le départ. La présence d’un synthé rend déjà la chanson particulière. Le morceau est ici plus accessible et plus direct. Pas d’effet pour surenchérir, Zephyra montre qu’ils savent aussi briller dans la simplicité.

Mais ne vous y trompez pas, le groupe n’en a pas fini. Mandatory Meltdown remet les idées en place. Cela sent le morceau fait pour pogoter en concert. Du très bon metal mélodique. D’ailleurs, je dirais que si vous voulez vous faire une bonne impression du groupe, ce morceau est une très bonne carte de visite.

Tant qu’on est chaud, autant battre le fer avec Release My Anger, un titre qui vous fouttra une sacrée claque.

Enfin, l’album se clôt sur In My Veins. On est là dans quelque chose de plus solennel et un groove très présent. Toujours ce travail à deux guitares par Tony Netterbrant qui colore joliment l’ambiance de cette chanson. Avec ses six minutes, c’est aussi le morceau le plus long de l’album et l’on sent que Zephyra a voulu mettre le paquet pour terminer en beauté.

Mental Absolution est un album très abouti et le fruit de beaucoup de travail. Zephyra sait parfaitement doser et jongler entre puissance et mélodie. Il y a, de nos jours, de plus en plus de groupes de ce genre. Mais peu semblent être du niveau de Zephyra.

 Cerise sur le kladdkaka * : le groupe enregistre en ce moment leur second album studio. Autant dire que les Suédois nous réservent encore de belles surprises pour l’année 2016.

*Gâteau suédois

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 485 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine

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