Tout ce qui reste de nous, un merveilleux voyage intimiste

Scénario et dessin : Rosemary Valero-O’Connel
Éditeur : Dargaud
Sortie : 8 janvier 2021
Genre : Science-fiction

Autrice ayant travaillé pour DC Comics et BOOM! Studios, Rosemary Valero-O’Connell signe avec Tout ce qui reste de nous une œuvre sensible et originale, loin des schémas habituels de la science-fiction. Paru en 2017 en version originale, ce sont les éditions Dargaud qui se chargent de publier en français ce très beau roman graphique.

Tout ce qui reste de nous regroupe trois histoires de science-fiction qui racontent la perte, le sentiment de fin, l’importance des souvenirs, dans des mondes crépusculaires ou en danger de mort. Ainsi l’autrice nous fera voyager dans une autre dimension, nous contera l’histoire d’un vaisseau spatial propulsé par des souvenirs, et évoquera avec nous les préparatifs de la fin du monde, entre angoisse et fête.

Un voyage onirique

Tout ce qui reste de nous se démarque des autres productions du genre sur plusieurs points. Tout d’abord, en reprenant certains codes de la science-fiction comme les voyages spatiaux ou l’existence de dimensions parallèles tout en les adaptant afin de créer un récit plus intimiste, tout en sensibilité et fragilité. Ensuite, en créant un bestiaire spécifique teinté d’onirisme, elle s’échappe aux clichés récurrents sur les aliens et autres créatures de l’espace. Enfin, en adoptant des traits tout en douceur et une bichromie subtile, elle s’éloigne également du style froid et souvent glauque de nombreux récits de science-fiction.

Ainsi, si les thèmes abordés dans cet album restent classiques et tournent autour de la notion de progrès et du caractère indispensable ou non de celui-ci, ainsi que d’une réflexion plus globale sur ce qui compte dans nos vies, l’autrice parvient néanmoins par subtiles touches à créer un univers original dans lequel le lecteur a envie de plonger. C’est la grande réussite de cette œuvre qui captivera sans aucun doute de nombreux lecteurs. Un renouveau du genre très réjouissant que l’on ne serait que conseiller.

A propos Vincent Penninckx 244 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine