Le Pays du crépuscule, conte fantastique et fable moderne

Titre : Le Pays du crépuscule
Autrice : Marie Hermanson
Editions : Actes Sud
Collection : Actes noirs
Date de parution : 27 mai 2020
Genre : Thriller, Conte

Popularisé par les récits de Camilla Läckberg, le roman policier scandinave semble être devenu un sous-genre en soi au sein de la catégorie des romans policiers et romans noirs. Souvent basés sur la même trame, ils pouvaient sembler ennuyeux à la longue. Heureusement, Le Pays du crépuscule de Marie Hermanson apporte un léger vent de fraîcheur à un genre qui, parfois, s’autoparodie.

À vingt-deux ans, Martina vient de perdre son emploi et son logement. Sans diplôme ni réelles perspectives, elle est sur le point de retourner vivre chez ses parents quand une rencontre inopinée avec une ancienne amie du lycée la tire de son marasme. Celle-ci travaille au service d’une riche retraitée qui n’a plus toute sa tête. Persuadée de vivre dans les années 1940, elle convie tous les soirs à des dîners imaginaires les membres d’une société secrète. À la suite d’un entretien sommaire, Martina devient sa secrétaire personnelle. Les semaines passent et les trois femmes rejouent inlassablement les mêmes rituels du quotidien, enivrées par la moiteur de l’été et les grands crus sortis de la cave.

Le manoir de Glimmenäs, près d’Uppsala, c’est un refuge hors du temps et des contraintes de la vie moderne, une bouée de sauvetage pour ceux et celles qui n’ont pas trouvé de place dans la société. A travers ce roman, Marie Hermanson nous fait certes voyager dans un monde fantastique, une sorte de Neverland de Peter Pan où l’été durerait toujours, mais elle nous parle surtout de la société moderne et de ses manquements. Entre les lignes, elle critique ce modèle social qui peine à inclure l’ensemble des citoyens et arrive au constat que pour certains, la fuite en avant est la seule issue possible.

Dans cet ouvrage, véritable conte fantastique au niveau de la forme, l’autrice parvient à garder une atmosphère étrange et qui progressivement va devenir de plus en plus étouffante, au fil des semaines et des nouvelles arrivées.

Au final, Marie Hermanson nous propose un récit passionnant à lire et qui, sans renouveler totalement le genre, plaira aux lecteurs en quête d’un récit qui sort des sentiers battus.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 189 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine