La Forêt de mon père, un film très personnel sur l’amour filial et la folie

La Forêt de mon père
de Vero Cratzborn
Drame
Avec Léonie Souchaud, Ludivine Sagnier, Alban Lenoir
Sortie le 15 juillet 2020

La Forêt de mon père est un drame social et familial dans la veine des films des frères Dardenne. Pour son premier long-métrage de fiction, la jeune réalisatrice belge Vero Cratzborn a écrit elle-même le scénario. Elle s’est inspirée de sa propre expérience face à la maladie mentale de son père.

Un père aimant mais incontrôlable

Carole (Ludivine Sagnier) et Jimmy (Alban Lenoir) ont trois enfants. Ils vivent dans un immeuble de logement social dans le Nord de la France. Ils forment une famille unie, même s’ils ont du mal à joindre les deux bouts depuis que Jimmy a perdu son travail dans le domaine forestier voisin. Petit à petit, le comportement de Jimmy, déjà fantasque, devient de plus en plus incontrôlable, mettant la vie de ses enfants en danger. Comment gérer la folie de ce père aimant sans l’isoler et le couper de la famille ?

Si c’est Carole qui doit prendre cette décision difficile, l’ensemble du film est présenté du point de vue de Gina, l’aînée des enfants. Déjà adolescente, elle a consciente que son père est malade, mais elle l’admire aussi pour son rejet des conventions. Pour Jimmy, la forêt n’appartient à personne, ou plutôt à tout le monde. Mais s’inviter dans une propriété privée n’est pas sans conséquence…

Un film riche en questionnements

La jeune actrice Léonie Souchaud est très convaincante dans le rôle de Gina. Alors que sa mère est débordée, elle se sent responsable de son père, mais aussi  de son frère et de sa sœur, plus jeunes. Chacun des membres de la famille réagit différemment à la maladie de Jimmy et le spectateur ne peut s’empêcher de se questionner sur sa propre réaction. Comment aimer quelqu’un qui vous met en danger ? L’enfermement psychiatrique est-il vraiment la solution ?

Même si certaines scènes sont filmées à la manière d’un film documentaire, La Forêt de mon père est aussi une véritable fiction emprunte de poésie. La présence de la forêt avoisinante offre comme une échappatoire. Dans sa quête pour sauver son père, Gina découvrira qu’elle n’est pas seule et que devenir adulte signifie aussi s’émanciper du cercle familial.

A propos Soraya Belghazi 173 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine