I saw the devil: la vengeance est un plat qui se déguste longtemps

I saw the devil
de Kim Jee-woon
Action, Polar
Avec Byung-hun Lee, Min-sik Choi, Gook-hwan Jeon

Déjà connu pour A Bittersweet Life ainsi que The good, The Bad and The Weird, Kim Jee-woon a réalisé en 2010 un polar extrêmement violent et dérangeant sur la vengeance, I saw the devil, qui a obtenu un Corbeau d’Or au BIFFF en 2011. Pour les spectateurs qui n’ont pas eu l’occasion de voir la rétrospective qui était consacrée à ce talentueux réalisateur durant le festival L’heure d’été, en collaboration avec le cinéma Galeries et le Centre culturel coréen de Bruxelles, voici une petite séance de rattrapage. Deuxième étape donc après The Suspect pour (re)découvrir quelques films marquants des grands succès récents du cinéma coréen.

Lorsque la fiancée de Soo-hyun est tuée par un prédateur sexuel, le jeune agent des services secrets sud-coréen, se lance à la poursuite de celui-ci. Débute alors une longue descente aux enfers dans laquelle Soo-hyun risque de perdre son humanité.

Un polar très noir

I saw the devil est avant tout un excellent polar, et Kim Jee-woon maîtrise à merveille les règles du genre. Il sait maintenir la tension de bout en bout et nous faire sursauter au moment où l’on s’attend le moins. Il ressort de son film une ambiance glauque et malsaine, aidé en cela par un excellent travail sur la lumière. Contrairement à d’autres films de genre où la cruauté est uniquement évoquée, Kim Jee-woon va plus loin pour prendre le spectateur par les tripes et établir une atmosphère extrêmement dérangeante.

Plongée en enfer

Outre certaines scènes à la violence débridée, c’est le point de vue proposé par le réalisateur qui mettra le spectateur le plus mal à l’aise. En effet, si certains affirment que la vengeance est un plat qui se mange froid, Kim Jee-woon applique à merveille cette maxime tout en l’allongeant pendant plus de deux heures. A force de chercher à venger sa fiancée, Soo-hyun ne semble plus connaître la frontière entre le bien et le mal.

Au final, I saw the devil est un excellent polar, à la noirceur qui vous restera sur les mains pour longtemps, et qui à le mérite de montrer où peut mener la vengeance aveugle. Un film dur, certes, moralement ambigu pour ceux qui ne prendraient pas le temps de comprendre le message, mais qui a le mérite de traiter un sujet difficile en prenant une voie moins utilisée, et certainement dans ce genre de production cinématographique.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 135 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine