Les Pâtissières au Jean Vilar

De Jean-Marie Piemme, mise en scène de Nabil El Azan, avec Chantal Deruaz, Christine Guerdon et Christine Murillo

Dans la famille, on est pâtissier de père en filles mais par les temps qui courent, le Saint-Honoré de qualité, ça ne se savoure plus vraiment. Alors, Mina, Lili et Flo, les trois dernières de la pâtisserie Charlemagne, plus vraiment dans la fleur de l’âge, sont obligées de mettre la clef sous le paillasson et de vendre le savoir-faire familial.

Les Pâtissières se présente comme une sorte de « three-woman-show » : les trois soeurs, toutes avec un caractère bien à elle et bien trempé, reviennent sur des souvenirs d’enfance : leur père, les hommes qu’elles ont aimé, leurs regrets et leur petits secrets de cuisine. Mais surtout, elles regrettent le temps où on savait encore ce qu’étaient les bonnes choses et le savoir-faire, qui a laissé place à une époque où on préfère manger de la « merde ». Et du haut de la maison de repos où elles viennent de prendre leurs quartiers, elles en ont des choses à dire.

Pas de lamentations au programme, que du contraire, ça chante, ça rit, ça se lance des piques et des mots d’esprit à tue-tête. Portées par trois actrices à l’énergie détonnante et au jeu très communicatif, les soeurs ont toutes quelque chose à dire et souvent en même temps. Le texte ne dépasse néanmoins pas le stade de la joute verbale même si celle-ci est acerbe et jouissive. Certains élans, épinglant une réalité actuelle malheureuse et la perte d’un savoir-faire, sont tout à fait pertinents et laissaient en droit d’espérer une critique plus acerbe du monde moderne qui a cessé de s’intéresser à l’artisanat. Voyez ce qui est arrivé chez nous à la Royal Boch.

Grâce à ses personnages et un thème si appétissant, Les Pâtissières est une pièce des plus sympathiques et attachantes avec une mise en scène parfois approximative mais qui ne manquera pas de vous faire sourire et rire. Ce genre de texte ne peut fonctionner que si il est servi par un rythme impeccable et un humour fracassant. Globalement, les trois comédiennes tiennent la distance de manière remarquable. Malheureusement, si la première moitié du spectacle et la fin parviennent à capter l’attention, la pièce souffre d’un temps mort en son milieu. Une pièce gourmande et croquante à savourer sans modération.

Mathieu Pereira
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