Cuisine et dépendances aux Galeries : une adaptation (trop ?) fidèle

© FabriceGardin

D’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Mise en scène de Patrice Mincke, avec Bénédicte Chabot, Catherine Decrolier, David Leclercq, Frédéric Nyssen et Dominique Rongvaux. Du 14 septembre au 9 octobre 2022 au Théâtre des Galeries.

Cuisine et dépendances est la pièce qui a révélé comme scénaristes à succès le couple Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui en 1992. Si ils signèrent encore une pièce, Un air de famille, c’est ensuite au cinéma, comme scénaristes et acteurs que leur carrière s’envola. Malgré tout, le succès de leur première oeuvre théâtrale ne s’est jamais démenti et elle continue d’être adapter en permanence dans le monde du théâtre amateur et professionnel. Pour cette saison, c’est au Théâtre des Galeries qu’on peut la (re)découvrir.

Cuisine et dépendances, c’est l’histoire de Jacques et Martine qui invitent un couple d’amis perdus de vue depuis plusieurs années : un écrivain et journaliste à succès et sa femme, Charlotte, dévouée totalement à sa carrière. Georges, l’ancien amoureux éconduit par Charlotte et Fred, le frère de Martine sont aussi invités. Le couple invité est en retard, la nouvelle petite amie de Fred aussi, Georges râles en fumant au balcon, Fred essaye de calmer ses créanciers, tandis que Jacques et Martine se démènent pour que la soirée soit quand même une réussite. La pièce va montrer uniquement la cuisine où les personnages vont se réfugier pour régler leurs problèmes.

L’originalité de ce spectacle est bien sûr la cuisine comme lieu principal , un peu comme une plongée sur les coulisses d’un spectacle, mais aussi le fait qu’on ne verra jamais les deux personnages dont parle tout le temps les différents protagonistes : la vedette, mari de charlotte et Maryline, la nouvelle petite-amie de Fred. On parle de ces deux-là comme on parlerait de son rapport à la notoriété ou la beauté factice, ou quand tout ce monde petit-bourgeois va montrer tous ces travers et toutes ces jalousies sans jamais rien apprendre de ce qu’ils vivent.

D’un point de vue formel, c’est précis et bien maîtrisé. Le décor d’une (vraie) cuisine trône au milieu de la scène et les personnages sont interprétés par différents comédiens talentueux qui se fondent dans leurs rôles. Mais même si on apprécie la qualité d’artisan du projet, on peut regretter que de la mise en scène à la musique, du décor aux interprétations, rien n’apporte quelque chose de neuf à cette histoire maintes fois adaptées (hormis l’apparition des téléphones portables et les dates). On se surprend même parfois à fermer les yeux et reconnaître les intonations des comédiens masculins originaux de la pièce. Malgré tout, quand tout ceci est fait avec talent, on ne peut que passer un agréable moment et c’est bien l’essentiel, non ?

A propos Loïc Smars 434 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine