Un malade imaginaire hilarant au Public

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De Molière, mise en scène de Patrice Mincke, avec Michel Kacenelenbogen, Anne Sylvain, Maroine Amimi, Bénédicte Chabot, Didier Colfs, Damien De Dobbeleer, David Leclercq, Lise Leclercq, Jean-François Rossion, Camille Voglaire, Alexandre von Sivers

Du 10 mai au 25 juin 2016 à 20h30 au Théâtre Le Public

Jouer Le Malade imaginaire, c’est se confronter à un grand classique mille fois joué. Comment aborder un tel monument ? Le jouer de manière très classique pour ne pas décevoir ? Moderniser ou innover la mise en scène quitte à se planter ? Le choix ici est d’être finalement un peu entre les deux : garder le texte original et une situation temporelle classique sans pour autant négliger quelques grands moments visuels, parfois loin de la vision populaire de la pièce.

Le point d’orgue de ces trouvailles, reste le duo chantant d’Angélique, la fille du malade imaginaire et de son amoureux Cléante qui se fait passer pour un maître de musique pour tenter d’empêcher le mariage de son aimée avec un médecin, choisi par le père, plus soucieux de s’entourer de personnes pouvant contribuer à ses penchants hypocondriaques que du bonheur de sa fille. Un duo où s’improvise leur déclaration d’amour réciproque dans un pastiche de la chanson actuelle, surjoué, au son micro exacerbé et à la réaction hilarante des autres protagonistes présents (le médecin destiné à Angélique et son père). Cette performance est aussi intéressante car elle est réalisée par le mignon petit couple d’amoureux de la pièce, habituellement cantonné à être beau et émouvant, qui peuvent se permettre ici de précipiter un des plus gros fous rires du public.

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D’autre part, l’interprétation survoltée de différents comédiens permet aussi à la pièce d’emporter son public. Michel Kacenelenbogen, fondateur, metteur en scène et comédien attitré du Public mène la danse dans une composition tout en glaires, rots et gorges qui sifflent, de ce faux malade qui influe sur la vie de tous ces proches. Anna Sylvain qui interprète Toinette, la servante impertinente réussit aussi une belle performance. Malgré tout, il faudra attendre quelques scènes avant qu’elle arrive à poser son jeu légèrement outrancier et faire accepter sa composition. Si aucun des seconds rôles qui gravitent autour ne déméritent, leurs personnages ne servent essentiellement qu’à valoriser la folie des deux héros principaux.

Au final, cette représentation du Malade Imaginaire est une réussite, entrecoupée de tableaux humoristiques et spectaculaires qui prennent le spectateur en otage (le fait que la pièce fut d’abord une création pour les spectacles à Villers-La-Ville, explique ces moments). La réaction du public, abonnés et ados en spectacle scolaire, en est la preuve : un tonnerre d’applaudissements finaux.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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