Je m’appelle Loïc Smars et comme chaque année j’ai fait semblant de ne pas aller au BIFFF. Mais comme chaque année, Olivier me manquait beaucoup trop donc j’ai décidé de passer deux semaines avec lui. Ce texte est écrit et validé par Loïc Smars. Vive le Sporting d’Anderlecht.
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Si on relit mon article de 2022 sur Freaks out, c’était pareil, très peu de mots, juste l’envie de vous dire : « regardez-le » ! Pourtant, la promesse de plonger cette fois dans l’univers du kung-fu n’était pas le meilleur moyen de me convaincre. Mais pour la troisième fois, Gabriele Mainetti réussit l’impossible : m’impressionner et surtout, faire taire le public du BIFFF ! Vous vous souviendrez longtemps de l’héroïne incarnée par Yaxi Liu et la manière dont elle botte des culs (on sent l’influence de The Raid) afin de venger sa sœur.
2. Obsession
Ce film, je ne l’avais pas vu venir. Je m’attendais à une comédie noire avec un happy end rassurant et j’ai eu tout autre chose. Certes, il y a de l’humour noir mais c’est surtout un film qui suscite le malaise, crée une tension et m’a mis dans une situation très confortable. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti si mal devant un film. Je serai curieux de le revoir en dehors du festival pour voir si on a bien vécu la nouvelle pépite horrifique. Et je n’oublie pas non plus de mettre en avant la performance géniale de l’actrice principale, Inde Navarette !
3. Silence
Ce film est une expérience à part lors de cette édition du BIFFF. C’est un des rares films de vampires intéressant auquel on a eu droit au BIFFF. C’est très drôle, absurde à souhait mais aussi qualitatif. Le film est plutôt bien fichu, que ça soit de la photo, du jeu, du maquillage ou des effets spéciaux. Et surtout, ça parle de sujets de sociétés intéressants et importants, sous couverts de film de vampire rigolo : on y aborde des questions queer et féministes ainsi que la peur des gens face à l’inconnu ou de reparler des débuts du VIH.
Quitte à ne pas avoir de budget, autant l’assumer. Le gars décide donc de situer son film dans les années 80 et suivre une équipe de tournage, habituellement spécialisée dans le porno, de créer un slasher, genre à la mode depuis peu, afin de gagner plus de pognon en élargissant son public. Tout en suivant la lecture du scénario, on voit aussi le film se dérouler sous nos yeux et c’est hilarant. Les stéréotypes et les codes des slashers sont respectés à la lettre et le film est truffé de purs moments de comédies et de techniques dignes des meilleurs films suédés.
5. Marama
Cette histoire familiale bien glauque, se déroulant dans un magnifique château anglais bien gothique comme il faut, a des qualités ! Tout n’est pas parfait et semble parfois utiliser des ficelles un peu faciles (à défaut de nous faire peur, c’est très beau visuellement) mais le parallèle entre inceste, colonisation et au final domination, est fort. Si on prend en compte que les films sur la culture maorie ne sont pas légion et que c’est le premier film de son réalisateur, il me semble important de jeter un œil à ce dernier.
Flop

Il faut savoir un truc, j’aime pas le cinéma japonais et j’aime pas les films de fantômes premier degré (comment avoir peur d’un truc qui n’existe pas ?). Et pas de bol, Never After Dark c’est un film de fantômes japonais. Pas grand chose d’autre à dire sauf si vous me demandez d’expliquer ce que j’ai fait les moments où j’étais en dehors de la salle.
2. African Kung Fu Nazis II – Bum bum!
Pour comprendre ma déception, il faut déjà savoir que c’est une suite. Si le premier avait peut-être un charme fou, celui-ci est déceptif tant il tente juste de reproduire l’amateurisme sincère sans jamais y arriver. Pour faire un nanar cool, il ne suffit pas juste d’enchaîner les ratés, il faut aussi que la connerie soit sincère. Mais par contre, il faut absolument conserver cette Z Movie Night !
3. The Red Mask
S’il n’est techniquement pas le pire film qu’on ait vu, c’est peut-être le plus frustrant. Tout était réuni pour nous plaire : un hommage aux slashers des années 80 avec un brin de modernité. Mais au final, on n’aura qu’un film très bavard où toute l’action se déroule dans les vingt dernières minutes. Mais est-ce qu’ils ont compris les codes du slasher auquel il prétend rendre hommage ?
4. Dolly
Il y a quelques scènes bien glauques, surtout grâce au personnage de cette poupée à la taille de golem, mais on retient surtout que tout le monde plonge la tête la première dans les stéréotypes du genre, au premier degré. Certes, ça fait réagir le public du BIFFF qui tente de faire comprendre aux protagonistes ce qu’ils doivent faire, mais hormis cette tentative héroïque de changer le cours des choses, le film continue son petit bonhomme de chemin dans la médiocrité. Jusqu’à une fin totalement ratée, même pas sauvée par sa scène post-générique totalement inutile.
5. Olivier
Il y a deux trois autres films qui m’ont déçu mais je n’arrive pas à me décider lequel mérite le plus d’apparaître ici. Finalement, la présence d’Olivier, notre journaliste star, pendant une séance, est un film à part entière. Alors, je l’adore, mon copain. Sans lui ça ne serait pas pareil, ce festival. Mais il veut toujours buter toute l’équipe dans ses chroniques et tout le monde en a marre de son comique de répétition. Sauf quand il répète les mêmes blagues, ça j’aime bien.

Les Notes:
8/10:
The Forbidden City : Après les super-héros et les mutants, Gabriele Mainetti s’attaque au film de kung-fu et c’est évidemment une nouvelle fois un chef-d’oeuvre.
Obsession : ce qui devait être une sympathique comédie noire et devenue le premier film depuis longtemps où je me suis senti mal à l’aise et en tension.
7/10:
Friday the 69th : Un film étonnamment jouissif lors de la Z Movie Night.
Marama : Inceste, têtes coupées et colonisation et un film pas si con.
We Bury the Dead : le zombie n’est pas le héros de ce film de zombies et cela peut frustrer mais ce film a beaucoup de qualités et j’ai encore des frissons en repensant aux bruits de dents des zombies.
Silence : une pépite de film de vampires et de film LGBTQ+.
6/10:
100 Nights of Hero : L’univers est intéressant, le message est percutant mais je suis malheureusement passé à côté du film.
Hold the Fort : c’est plutôt rigolo mais dommage qu’entre chaque grosse scène, ça parle trop et au final ça sent le remplissage pour obtenir 1h10 et avoir un long-métrage.
Gibier : Un survival dans le milieu des abattoirs portés par ses interprètes.
Gaua : c’est pas tous les jours qu’on a des films de sorcières du Pays Basque et en plus y a une partouze géante.
Tristes Tropiques : peut-être un poil long, surtout en festival, mais des scènes superbes dans la droite lignée de The Raid.
5/10:
Imposters : Des personnages insupportables au milieu d’un film épuisant jusqu’à la lie.
Night of the Reaper : on a vu un film qui ressemble trop à Scream sans le fun mais le témoignage du réalisateur sur Reddit mais faire dire quand même que l’effort est louable.
Singular : un film intéressant mais frustrant car c’est bien beau de montrer les mêmes images inlassablement mais on aurait aimé une fin plus claire.
Kraken : la partie film catastrophe est réussie, la partie film d’horreur est malheureusement trop faible et surtout le film ne sait pas choisir entre les deux.
4/10:
Plus forts que le diable : Le film qui fait tout ce qu’on espère qu’il ne fera pas.
The Red Mask : L’hommage aux slashers aurait pu être sympa mais le film oublie ce que c’est un slasher.
Corporate Retreat : On y a été les yeux fermés mais ça ne nous a pas non plus tapé dans l’œil.
Dolly : si le méchant est plutôt pas mal et que Stiffler a la gueule qui pendouille, le film s’enfonce dans les stéréotypes médiocres du genre.
3/10:
African Kung Fu Nazis II – Bum bum! : A force de faire exprès d’être amateur, il n’y a plus aucune sincérité ni charme.
Never After Dark : j’aime pas les film japonais et les films de fantômes, c’est un film japonais avec des fantômes.
Loïc Smars
