
Pressure
Réalisateur : Anthony Maras
Genres : Guerre, historique
Acteurs et actrices : Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon
Nationalité : Royaume-Uni, France
Date de sortie : 9 septembre 2026
La Seconde Guerre mondiale n’a pas fini d’inspirer les cinéastes et chaque année, on retrouve plusieurs projets qui tentent d’explorer des thématiques rarement abordées ou des thématiques qui réagissent aux problématiques de notre monde actuel. Si l’année passée, Nuremberg parlait du combat contre le fascisme en s’attardant sur la figure d’Hermann Goering lors du procès de Nuremberg, on a droit cette fois à un long-métrage sur l’importance de la météo pour la réussite du débarquement de Normandie.
Pressure suit l’arrivée du Group Captain (équivalent de colonel) de la Royal Navy, James Stagg, petit génie de la météorologie, missionné par Winston Churchill pour apporter son expertise auprès du quartier général d’Eisenhower, qui doit fixer le jour de l’opération. Mais face à l’incertitude des prévisions météorologiques, il va devoir se battre pour imposer sa vision pessimiste auprès du Général en chef des Armées alliées sur le continent européen, contre l’avis des autres consultants et même contre ses propres doutes.
Adapté d’une pièce de théâtre de David Haig (présent aussi au scénario), Pressure met en valeur la partition de ses comédiens, le suspense découlant directement des tensions entre les protagonistes. Malgré tout, il est impossible de se douter, sans cette information, que ce film est tiré d’une pièce, tant le film est généreux dans ses plans (on pense aux plans extérieurs lors de l’attente de l’arrivée ou non de la pluie). On regrettera juste le côté plus low-cost des scènes de guerre ajoutées en toile de fond de tout ce qui se déroule au QG d’Eisenhower.

En même temps, ce qui nous intéresse, c’est le travail de ce génie de la météo et de voir comment il va réussir à convaincre tout le monde qu’il a raison alors que personne ne souhaite reporter un plan essentiel à la victoire alliée. Et la grande force du film, ce sont ses comédiens. Andrew Scott, révélé par son interprétation de Moriarty dans la série Sherlock, est parfait sous les traits de ce scientifique exigeant. Il trouve un partenaire de choix en Brendan Fraser qui prête sa stature imposante au Général Eisenhower. On retrouve aussi l’acteur Damian Lewis, impeccable dans le rôle du Général anglais Montgomery, qui revient à la Seconde Guerre mondiale après avoir joué l’Américain Dick Winters dans la série Band of Brothers (série où Andrew Scott avait aussi un petit rôle de soldat américain).
Un des derniers points forts du film est le travail méticuleux de reconstitution au niveau des décors et des accessoires. D’anciens météorologues à la retraite ont été engagés comme conseillers afin de montrer aux comédiens la manière de travailler dans ce genre de service à cette époque. Malgré tout, adaptation de pièce oblige, plusieurs événements divergent de la réalité. James Stagg ne rejoint pas l’équipe quelques jours avant le débarquement mais travaillait déjà pour l’US Army depuis 1943. Si sa femme était bien enceinte lors du mois de juin 1944, l’accouchement n’était pas prévu à cette période et cette partie a été ajoutée pour des raisons dramaturgiques. Enfin, on peut regretter le traitement des personnalités historiques féminines. Maureen Sweeney, pourtant essentielle dans les prévisions météorologiques, est absente du film et la figure de Kay Summersby, la secrétaire personnelle (et peut-être plus) d’Eisenhower a été simplifiée alors que leur relation fait toujours débat à l’heure actuelle.
Au final, Pressure possède de belles qualités grâce à son histoire qui sort des sentiers battus et réussit à créer un suspense avec des prévisions météorologiques (d’où le titre qui joue avec la pression atmosphérique et la pression que subissent les protagonistes). Servie par un trio d’acteurs impeccable, l’œuvre ne souffre que de scènes de bataille un peu faiblardes et du regret que David Haig n’ait pas profité de cette adaptation pour réhabiliter le rôle des personnages féminins.
