Rosenn d’ Yvan Le Moine

Rosenn affiche

Rosenn

d’ Yvan Le Moine

Drame

Avec Hande Kodja, Rupert Everett, Béatrice Dalle

Sorti le 12 mars 2014

Critique :

L’histoire nous ramène en 1909, sur une île de l’océan Indien. Dans un moment d’abattement, un écrivain anglais vient y séjourner quelques temps pour oublier ses déboires amoureux. Là-bas, aux prises avec ses vieux démons de séducteur, il finira par ferrer une jeune fille lumineuse grâce à quelques mensonges plutôt sincères au commencement. Sur l’île, les deux amants vivront une idylle portée par un souffle romanesque. Et puis, entrainés vers d’autres contrées, ils prendront la véritable mesure de leur passion.

Entre sentiments purs et frelatés, l’histoire aux variations attendues démarre sur un couplet romantique avant de prendre la tournure d’une complainte. À travers le portrait d’un dandy éclairé, le film épingle les beaux parleurs brillants d’un faux éclat ; ceux aux discours flamboyants et plein d’humour en société qui se retrouvent lâches et pitoyables dans l’intimité.

Rosenn est un film d’époque qui puise ses racines dans le cycle S(c)eptique, entamé il y a une quinzaine d’années par Yvan Le Moine avec les sept péchés capitaux. Depuis, le cinéaste français a enchainé les vices : le Nain rouge portait la colère et Vendredi ou un autre jour déclinait l’orgueil. Son dernier long métrage, librement adapté d’un roman de Jean de Kerlecq, dépeint l’envie.

On saura gré au réalisateur de ne pas avoir cédé à la tentation de porter à l’écran une actrice populaire, à la séduction consensuelle, pour incarner Rosenn. La Belge Hande Kodja campe avec justesse et retenue ce rôle de femme parfaite. Rupert Everett, quant à lui, peut s’enorgueillir d’avoir joué en français mais n’a malheureusement pas l’indéfinissable charme qu’il dégage dans ses autres films.

Si l’on suit cette adaptation avec un certain intérêt, on regrettera toutefois le manque d’inventivité au niveau de la réalisation, très télévisuelle jusque dans le cachet des images. Malgré quelques belles prises de vue sur l’île Bourbon et séquences remarquables, il manque à Rosenn une puissance visuelle qui légitime sa présence en salle. La mise en scène est un peu trop lisse à notre goût, à l’image de la personnalité de son héroïne.

 

Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 129 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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