Maggie, un film rafraîchissant mais déconstruit

Maggie
de Yi Ok-seop
Drame
Avec Joo-Young Lee, Gyo-hwan Koo, So-Ri Moon, Ju-Young Lee

Maggie, de la réalisatrice Yi Ok-seop, est un film qui possède toutes les qualités pour nous intriguer mais également certains défauts pour nous agacer. Il sera présenté le 22 octobre dans le cadre du 8ème festival du film coréen de Bruxelles, dans la section L’essor du cinéma féminin.

Radiographiée à son insu en plein coït, Yoon Young, une jeune infirmière d’un service orthopédique pense qu’elle va se faire virer de l’hôpital dans lequel elle travaille. Mais dès le lendemain plus personne ne se pointe au boulot et d’immenses trous apparaissent mystérieusement partout dans la ville…

Beau, léger et pétillant

Dès les premières images, le film nous surprend par la galerie de personnages loufoques qu’il propose et nous attire par ses qualités esthétiques, sa musique et la légèreté qui s’en dégage, malgré la gravité des thèmes qu’il aborde. En effet, à travers cette série de tableaux dépeignant le quotidien de Yoon Young et de son entourage, la réalisatrice évoque plusieurs problèmes auxquelles est confrontée la jeunesse coréenne comme les difficultés de trouver un logement, le redéploiement urbain, une certaine précarité ainsi que la multiplication de certains comportements extrêmes (illustrée par la scène initiale de la radiographie).

Une réminiscence du court-métrage?

Malheureusement, Maggie ne tient pas ses promesses sur la durée. Si la scène d’ouverture ainsi que les premières vignettes qui évoquent la difficulté de faire confiance à son prochain aiguisent la curiosité du spectateur, la réalisatrice semble éprouver des difficultés à garder un fil rouge cohérent tout au long du film. La deuxième partie ne manque pas d’intérêt, mais à multiplier les scènes qui semblent chacune construite comme un petit court-métrage, le récit manque un peu de liant.

Au final, on retient un film à la photographie particulièrement réussie, aux personnages attachants, dont Lee Joo-young une des héroïnes d’Itaewon Class, aux idées rafraîchissantes et en phase avec la société actuelle. Même si on aurait aimé que la magie de la première partie perdure un peu plus longtemps, il est indéniable que Yi Ok-seop possède énormément de talent et on attend avec impatience son second long-métrage.

A propos Vincent Penninckx 264 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine