L’homme qui tua Chris Kyle: une Amérique méconnue

Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditions : Dargaud
Sortie : 29 mai 2020
Genre : Biographie, documentaire

Déjà scénariste de Charlotte impératrice, Fabien Nury s’allie à Brüno, que les lecteurs connaissent entre autres pour la série Tyler Cross, et nous proposent ensemble une plongée dans l’Amérique profonde avec L’homme qui tua Chris Kyle, paru au mois de mai aux éditions Dargaud.

Chris Kyle est un héros. Ancien sniper chez les Navy Seals durant la deuxième guerre d’Irak, il a tué plus de 160 « cibles ». Au faîte de sa gloire (Clint Eastwood a même acheté les droits de son autobiographie, bestseller aux États-Unis, pour en faire un film –American Sniper), Chris Kyle dédie sa vie à aider ses anciens camarades de combats marqués aussi bien physiquement que mentalement par la guerre. Eddie Ray Routh est l’un d’entre eux. Le 2 février 2013, cet inconnu abat la Légende Chris Kyle.

Une Amérique de Western

Les lecteurs qui ont vu American Sniper sauront que l’Amérique de Chris Kyle n’est pas celle des villes progressistes décrites dans certains films ou romans, mais plutôt l’Amérique conservatrice, celle qui tient autant à son arme à feu qu’à sa bible. C’est une partie de l’Amérique qui croit fermement au rêve américain et aux valeurs traditionnelles sur lesquelles ont été bâties ce pays. La lecture de L’homme qui tua Chris Kyle, roman graphique construit sur la retranscription méticuleuse des faits qui ont conduit au meurtre, entrecoupés par plusieurs interviews des différents protagonistes sur Fox News peut dès lors choquer, tant la réalité décrite peut sembler à mille lieues du système de valeurs du lecteur.

Un autre regard sur la guerre

Loin du portrait d’une légende, L’homme qui tua Chris Kyle pousse les lecteurs à regarder la face sombre de la guerre, celle où l’on tient en compte non seulement le nombre de soldats tués sur le terrain, mais également le nombre encore plus grand dont la vie a été détruite par le stress post-traumatique, les difficultés de réadaptation… Et comme les armes et les dollars ont toujours fait bon ménage, les lecteurs pourront également se plonger dans ce mélange sordide de marketing et de mort, où chaque événement, même le plus tragique peut servir à faire de l’argent.

Fascinant de bout en bout, L’homme qui tua Chris Kyle est un roman graphique à lire pour ceux qui ont envie de découvrir un autre Amérique que celle trop souvent présentée par Hollywood.

Vincent Penninckx
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Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine