Tyler Cross Miami : Tous les ingrédients d’un bon polar

Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditions : Dargaud
Sortie : 23 mars 2018
Genre : Polar, thriller

En mars de cette année est paru chez Dargaud le nouvel opus des aventures de Tyler Cross, Miami confirmant la parfaite maîtrise des codes du polar US de Fabien Nury (au scénario) et de Brüno (au dessin). Trois ans après leur dernier opus Angola, les deux auteurs nous replongent dans un univers fait de violence et de règlements de compte, où les codes du western auraient été transposés dans l’Amérique des années 50.

Dans cet album, Tyler Cross, braqueur recherché dans plusieurs états américains, arrive à Miami pour recouvrer une somme qu’il a confié à son avocat. Lorsqu’il apprend que celle-ci a été placée dans un projet immobilier louche, il prend les choses en main et n’hésite pas à laisser quelques cadavres derrière lui pour arriver à ses fins.

Le scénariste place donc l’histoire dans cette région des Caraïbes, à une époque où la mafia et les promoteurs immobiliers véreux bâtissaient le futur paradis hivernal des salariés et retraités américains, et où Cuba n’était pas encore une vitrine du communisme mais plutôt un paradis pour toutes les activités que l’Amérique puritaine réprouvait. Le scénario se déroule à 100 à l’heure et on y retrouve les ingrédients d’un bon polar : les méchants, la victime pulpeuse et apeurée qui se révèle moins naïve que ce que les premières planches ne nous le laissaient penser, la violence et l’absence de morale.

Au niveau graphique, on retrouve la patte graphique de Brüno qui se rapproche de la ligne claire. Tout est épuré, les protagonistes ont la mâchoire carrée et le regard froid. Le style graphique très sobre met l’accent sur les expressions des différents protagonistes et renforce l’ambiance dure et glaciale grâce à la palette de couleurs utilisée.

Tyler Cross Miami est un album à mettre entre toutes les mains, et particulièrement celles friandes de polar des années 50. C’est sobre et efficace, l’histoire se lit avec plaisir, se dévore d’une traite jusqu’à son épilogue, la violence et la noirceur étant renforcée par le judicieux travail sur les couleurs et le style graphique très expressif.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 67 Articles
Journaliste du Suricate Magazine