Les vieux fourneaux: Chauds comme le climat

Scénario : Wilfrid Lupano
Dessin : Paul Cauuet
Éditeur : Dargaud
Sortie : 04 novembre 2022
Genre : Humour

Huit ans déjà que Wilfrid Lupano – remarqué en 2021 pour le magnifique La bibliomule de Cordoue ou plus récemment avec le loufoque Vikings dans la brume– et Paul Cauuet nous racontent la France à travers les récits doux-amers de trois pensionnés et de leur entourage. Suivant un rythme de parution d’un album par an, Les vieux fourneaux peut dès lors s’interpréter comme la chronique d’une France et d’un monde en pleine évolution… et le moins que l‘on puisse dire, à la lecture de ce dernier tome, Chauds comme le climat, c’est que les fractures entre individus, groupes d’intérêt, n’ont jamais été aussi grandes, au risque de voir la société imploser.

C’est la fête à Montcoeur! Le maire a décidé d’organiser un pique-nique de l’amitié et du vivre-ensemble. Hélas, le vivre-ensemble a du plomb dans l’aile, ou plutôt un pic à brochette dans les fesses. Celles du maire, en l’occurrence, victimes d’une agression de Berthe, l’ancienne amante de Mimile. La fête est donc de courte durée, d’autant qu’on apprend bientôt la mort d’Armand Garan-Servier, le patron de l’entreprise qui porte son nom. À son décès s’ajoutent d’ailleurs plusieurs incendies inexpliqués qui ne font qu’attiser les tensions déjà palpables dans le village…

Un album plus sombre

Si les premières aventures de notre joyeux trio constituaient un rempart contre la morosité grâce à son humour noir et décalé, les choses ont malheureusement évolué depuis lors. Signe d’une certaine fatigue qui s’installe au niveau de la série ou portrait d’une France de plus en plus clivée, Chauds comme le climat se lit le cœur lourd, en ne profitant malheureusement plus des respirations humoristiques que fournissaient les premiers albums.

Parler de l’actualité rend bien entendu les auteurs otages des joies et des peines de celle-ci et certains n’auraient pas compris que l’univers des vieux fourneaux ne soit pas traversé par les crises, en contradiction avec ce que les lecteurs vivent quotidiennement. Néanmoins, ceux qui cherchaient dans cette série un réconfortant contre la dureté du monde extérieur devront sans doute aller trouver leur bonheur ailleurs. Triste constat…