En une nuit, notes pour un spectacle au Studio Varia jusqu’au 10 décembre

© Annah Schaeffer

D’après l’œuvre de Pier Paolo Pasolini. Ecriture, mise en scène et interprétation Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.

Jusqu’au 10 décembre, le Studio du Varia accueille En une nuit – notes pour un spectacle, une pièce autour de la mort et de la vie de Pasolini et de son personnage. Son corps sans vie couché sur une plage à coté de Rome est le point de départ du spectacle : que s’est-il passé ? Et pourquoi ? Comment est-ce que ce terrible événement met fin à la vie d’un homme et en même temps participe à la naissance d’un mythe ?

Quand on parle de Pier Paolo Pasolini, on mobilise immédiatement tout un imaginaire, des citations de son discours politique, aux tableaux les plus impertinents de ses films, ainsi que des éléments des œuvres, des spectacles et des documentaires qui lui ont été dédiés. De plus, on parle d’un homme libéré dans une Italie encore trop fasciste, mais aussi d’un intellectuel marxiste, d’un amant, d’un écrivain, d’un réalisateur, d’un révolutionnaire, d’un provocateur et d’une victime. Comment raconter une identité aussi complexe à creuser, et une histoire qui – bien qu’elle demeure toujours d’actualité – se déroule dans un autre pays et dans une autre époque ? Parmi tous ces éléments et ces esthétiques, on dirait que pour créer un spectacle sur Pasolini un choix – ne fût-ce qu’esthétique, chronologique ou thématique – s’impose. Ou pas ?

Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette et Eva Zingaro-Meyer proposent une pièce composée de différentes couches dramaturgiques qui s’empilent et plusieurs esthétiques qui s’enchainent ; un spectacle qui a la qualité de traduire sur scène la complexité d’une histoire et de ses enjeux par la complexité de sa dramaturgie, et où aucun élément n’en exclue ou remplace un autre. On est ainsi spectateurs et spectatrices d’un ensemble de « notes », d’un enchainement d’idée pour créer un spectacle qui touche à différentes versions de l’histoire ainsi que de tout un tas de questions sans réponses.

Le jeu des comédiennes et des comédiens est très généreux et remarquable (tant en français qu’en italien), et le plateau est envahi par une belle énergie et par une présence qui soutiennent les textes pasoliniens. Les artistes en scène traversent les différentes esthétiques de la pièce avec une aisance convaincante et la dynamique de groupe est tout à fait entrainante. Cependant, toute cette complexité amène aussi à des moments où les choix dramaturgiques apparaissent moins clairs : que cela fasse partie aussi des notes pour le spectacle ?

A propos Elisa De Angelis 53 Articles
Journaliste du Suricate Magazine