« Soleil de cendres », urgence climatique et familiale

Titre : Soleil de cendres
Autrice : Astrid Monet
Editions : Agullo
Date de parution : 27 août 2020
Genre : Roman

A notre époque, les températures sont extrêmes et les précipitations se sont faites rares, très rares. Pour protéger la population et lui permettre de survivre, toute une série de restrictions concernant l’eau ont été mises en place. La nouvelle génération ne sait même plus à quoi ressemble un lac. Les étendues d’eau et autres pluies vives ne sont plus que des souvenirs précieux que les parents transmettent aux enfants.

A l’ouest de l’Allemagne, au lac de Laacher, un volcan entre en éruption et crache des tonnes et des tonnes de cendres qui se répandent rapidement dans l’atmosphère. Un nuage gris, bourré d’émanations toxiques, paralyse bientôt le trafic aérien.

A Berlin, après sept ans d’exil choisi, Marika revient dans sa ville d’adoption, ramenant avec elle non plus un nourrisson mais un petit garçon, Soral. Marika a construit autour de Soral une bulle d’amour et d’attentions inquiètes. En revenant à Berlin, elle sait qu’elle est obligée de la faire éclater pour y faire entrer le père de son enfant. Tous deux vont vivre un tremblement émotionnel qui coïncidera avec un tremblement de terre physique et catastrophique.

Cette situation chaotique va révéler ce qui pousse chacun à vivre et survivre mais aussi, cela va souligner le gouffre énorme qui existe entre l’individu, son libre arbitre, le gouvernement et son besoin de contrôle justifié.

Le livre se découpe en trois parties, chaque partie correspond à un jour ;  le jour du retour, le jour du tremblement, le jour sans nom. Le fait de concentrer l’histoire sur trois jours intensifie chaque action et rend un sentiment d’urgence et de lourdeur. Tout s’enchaîne et semble se mener d’un seul souffle, même quand le récit s’invite dans l’intimité et le passé des trois protagonistes principaux. Soleil de cendres est un roman intense et anxiogène qui allie vraiment bien les états intimes des personnages et l’état général  de la ville.

Le deuxième roman d’Astrid Monet se lit vite mais ce n’est pas un reproche ou un défaut, c’est un fait, un ressenti, une nécessité presque. Il faut le lire vite pour se mettre au diapason de l’action et profiter vraiment du récit.

A propos Elodie Kempenaer 113 Articles
Journaliste