Pourquoi j’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze

pourquoi j ai pas mange mon pere affiche

Pourquoi j’ai pas mangé mon père

de Jamel Debbouze

Animation

Sorti le 8 avril 2015

On connaissait le Jamel Debbouze comédien, humoriste et lanceur de talents, on découvre aujourd’hui le réalisateur. Pour son baptême, le comique aux tournures de phrases hybrides se lance le défi de conquérir le public des enfants. Dans son film d’animation Pourquoi j’ai pas mangé mon père, Jamel Debbouze signe une comédie bien rodée. Le film raconte l’histoire des simiens, ces grands singes à l’origine de notre espèce humaine. À travers le personnage d’Edouard, le fils du roi des simiens rejeté à la naissance à cause de sa différence, Jamel Debbouze revisite les codes, comme à son habitude. En plus d’être plus chétif que les autres, Edouard est ingénieux et malin. Et cette curiosité qui le caractérise est un canal formidable à la revisite des premiers éléments marquants de l’évolution : l’accès à l’habitat, au feu, à la chasse et même au sentiment amoureux.

Il y a, chez Edouard, tout de Jamel : ses expressions, son phrasé, ses traits et son attitude physique. Et lorsqu’Edouard tombe amoureux, la belle étrangère qu’il rencontre a la voix de celle qui partage la vie du comédien : Mélissa Theuriau. Et même si on se demande un peu si tant de corrélation n’est pas excessivement égocentrée, on réalise très vite que la mayonnaise prend et on projette sans trop de mal le succès que connaîtra le film en salle et en dvd.

Pour ajouter à la formule les éléments qu’il faut, Pourquoi j’ai pas mangé mon père a été réalisé en 3D et ce choix n’a rien, ici, de superflu. Le rythme étant effréné et les actions très mouvementées, on se prend facilement au jeu de l’illusion et on oublie l’inconfort de l’accessoire. Derrière l’humour de l’anachronisme, il y a aussi dans ce film une part pédagogique très intéressante : comme une manière maligne et divertissante de transmettre aux plus petits l’origine de l’humanité et de ses travers.

Justine Guillard
A propos Justine Guillard 91 Articles
Journaliste du Suricate Magazine