Des plages anglaises aux reste du monde, entrez dans l’univers coloré de Martin Parr

Autoportrait, Benidorm, Espagne, 1997 (détail) © Martin Parr/Magnum Photos
Autoportrait, Benidorm, Espagne, 1997 (détail) © Martin Parr/Magnum Photos

Pour sa première rétrospective en Belgique, le photographe Martin Parr installe son univers coloré et décalé au HANGAR avec l’exposition Parrathon. Photographe depuis les années 1970, Martin Parr a fait sa place dans le domaine de la photographie en innovant par son style coloré et satirique. À l’heure ou la photographie d’art se développait en noir et blanc et ou les photographes commençaient à être reconnu comme des artistes, il débute une série en couleurs, technique qu’il gardera pour toute sa carrière en ajoutant parfois un flash circulaire faisant ressortir les couleurs de ses sujets.

Martin Parr se définit comme un photographe et non comme un artiste, sa motivation est de documenter la société qui l’entoure. Martin Parr semble avoir un œil bienveillant quant aux sujets de ses photographies, s’il est présent au bon moment pour immortaliser un instant particulier jamais il ne se moque de ses modèles. Inspiré par le côté kitsch, cliché et parfois ringard de la classe moyenne british, dont il assume son appartenance, il génère des séries de clichés plus thématiques. Ses photos sont empreintes d’un humour parfois cynique, souvent décalé mais jamais de mauvais goût.

Dorset, England, GB, 1996 © Martin Parr/Magnum Photos
Dorset, England, GB, 1996 © Martin Parr/Magnum Photos

À la plage au soleil

Réalisée à New Brighton près de Liverpool en 1985, The Last Resort témoigne des vacances classiques de familles aux revenus modestes dans une station balnéaire. Les lieux préférés du photographe sont les plages et les pistes de danse, dont il créera également une série de clichés intitulée Every body dance now entre 1986 et 2018. Avec cette série, Martin Parr fait entrer les spectateurs dans des scènes de vie parfois familière ou les vacances ne sont pas si reposantes, composée de bébés qui pleurent, de vacanciers agglutinés sur un bout de plage et de déchets au sol qui témoignent d’un début de consommation de masse. À travers cette série le photographe évoque sa nostalgie des années 60 et le début d’une nouvelle manière de vivre de plus en plus consumériste.

L’étrange phénomène du tourisme de masse

Dans la continuité de sa série sur les stations balnéaires, son intérêt se porte ensuite sur le tourisme de masse lorsqu’il réalise la série Small World de 1989 à 2008. Avec le développement des compagnies de vol low-cost, la classe moyenne peut prendre ses vacances plus loin et ainsi s’attrouper devant l’acropole, le Colisée le Taj Mahal ou la tour Eiffel. Série réalisée sur presque 20 ans, tant le sujet peut s’étoffer chaque année, c’est l’une de plus emblématique du travail du photographe. Avec un regard attentionné bien que parfois cruel, Martin Parr s’invite comme témoin de voyages d’une centaine de touristes.

New Brighton, England, GB, 1985 © Martin Parr/Magnum Photos
New Brighton, England, GB, 1985 © Martin Parr/Magnum Photos

De photographe à modèle

Collectionneur dans l’âme, Martin Parr ramène de chacun de ses nombreux voyages un autoportrait. Les clichés de « Self-Portraits », réalisés par des photographes professionnels ou des amateurs locaux, ses clichés représentent le photographe, toujours avec une expression neutre dans un décor réel ou photoshopé selon les lieux et l’attraction touristique qui l’entoure. Série très humoristique elle s’étend sur 15 ans et témoigne de l’autodérision et de l’humour de Martin Parr.

En proposant 15 séries de photographies prise sur 40 ans, le Hangar propose une rétrospective complète sur le travail du photographe. D’autres séries viennent compléter l’exposition, entre autres, Bored couples représentant des couples s’ennuyant à un diner ou dans un bar. The cost of living réalisé après les années Tatcher et qui témoigne la montée des « comfortable classes », des nouvelles classes moyennes riches et ambitieuses. Ou encore une série spécialement présentée pour l’exposition Knokke-Le-Zoute qui reflète le milieu mondain empreint d’un certain snobisme de la ville côtière belge

Infos pratiques

  • Où ? HANGAR Photo Art Center, Place du Châtelain 18, 1050 Bruxelles.
  • Quand ? Du 17 septembre au 18 décembre 2021, du mardi au samedi de 12h à 18h.
  • Combien ? 7 EUR au tarif plein. Plusieurs tarifs réduits disponibles.
A propos Anaïs Staelens 35 Articles
Journaliste du Suricate Magazine