Le triskel volé, une expérience assez décevante

Scénario : Prado
Dessin : Prado
Éditeur : Casterman
Sortie : 15 janvier 2020
Genre : Aventure

Découvert en France grâce à l’album Trait de craie, album pour lequel il a reçu de nombreux prix dont celui du meilleur album étranger d’Angoulême 94, Prado nous revient, toujours aux éditions Casterman, avec Le Triskel volé, une aventure où anciennes légendes se conjuguent avec activisme environnemental.

Lorsqu’un jeune étudiant met la main sur l’étonnant journal d’un chercheur ayant découvert semble-t-il la résurgence d’un ordre ancien peuplé d’anges et de démons, toute la ville s’emballe. Bientôt, les règlements de compte et menaces vont s’enchaîner afin de mettre la main sur un curieux talisman celtique, gravé d’un triskel.

Présenté comme un thriller mêlant aventure et message écologique, Le Triskel volé reste en deçà des attentes. Depuis de nombreuses années, les auteurs se sont engouffrés dans la brèche du thriller mystique/fantastique, et malheureusement cet album ne sort pas du lot.

Premièrement, les personnages principaux manquent de profondeur et on a du mal à croire que se joue à travers ce récit un combat entre les forces du bien et du mal. On dit souvent que pour faire une bonne histoire, il faut un méchant charismatique… et on peine à en trouver un ici.

Deuxièmement, le traitement graphique est trop lisse et le choix des couleurs n’aident pas à se plonger dans l’aventure. Encore une fois, il y a un décalage entre le propos de l’album et la manière dont celui-ci est mis en dessin.

Enfin, il semble qu’à force de vouloir brasser trop de thèmes, l’auteur reste trop superficiel dans le traitement de ceux-ci. Même le thème de l’écologie et de la mauvaise utilisation des ressources de la terre nourricière n’est abordé que sporadiquement.

A force de ne pas aller au fond des choses, Prado rend une copie que l’on oubliera assez rapidement. En effet, la lecture de cet album est assez décevante, pas qu’il soit foncièrement mauvais mais plutôt parce qu’il n’arrive pas à susciter beaucoup d’intérêt.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 111 Articles
Journaliste du Suricate Magazine