Le FIFF : une édition 2020 adaptée et solidaire

Le FIFF, c’est avant tout la francophonie et la cinéphilie de toute évidence. Mais le FIFF (Festival International du film francophone), c’est aussi un engagement qui se vérifie par la parité 50/50 qu’il s’oblige à respecter, par le large choix de films poussant à réfléchir qu’il diffuse et cette année plus particulièrement, par l’adaptation du festival en réponse à la crise sanitaire actuelle. Pour trouver le juste-milieu entre l’amour du cinéma et la sécurité du spectateur, l’organisation fut compliquée, bourrée de compromis mais aussi riche en solutions – finalement ne dit-on pas qu’à quelque chose, malheur est bon.

Le lancement de cette 35ème édition un peu spéciale se fera le 2 octobre dans différentes salles de projection namuroises avec pour l’ouverture et en première mondiale un film belge – ce qui était un critère de choix pour le festival qui, en ces temps incertains, voulait mettre en valeur une production locale – Une Vie Démente d’Ann Sirot & Raphaël Balboni. La suite s’organisera en deux compétitions : la compétition officielle et la compétition du court. Cette dernière aura lieu uniquement le week-end et les vainqueurs seront récompensés à terme le dimanche soir et non à la fin du festival, le 9 octobre.

Avec l’obligation de respecter les distances de sécurité dans les salles, la nécessité de se plier aux demandes des cinémas très affaiblis par la quarantaine et le retrait des fonds de certains sponsors privés qui, cette année, n’avaient plus les moyens d’être généreux, les organisateurs ont dû revoir leurs attentes à la baisse, en proposant moins de films. Mais qualité ne rime pas forcément avec quantité. Le FIFF est fier de nous proposer une sélection variée de productions, parmi lesquelles on retrouve Josep, un film d’animation signé Aurel qui raconte le destin d’un artiste fuyant le régime franquiste, ou encore La déesse des mouches à feu, une œuvre coup de poing de la Canadienne Anaïs Barbeau-Lavalette qui parle de rêves adolescents.

Si les frontières sont pour le moment compliquées à franchir, que cela ne nous empêche pas de voyager à travers le 7ème art. En compétition, on retrouvera un large choix de longs comme de courts qui nous emmèneront tantôt en Chine, au Chili ou au Maroc. Et puisque les intervenants ont plus de mal à se déplacer et que les festivals de cinéma sont aussi des lieux de rencontre avec le public, le FIFF a aussi décidé de mettre en avant le cinéma belge.

Comme tous les festivals qui se respectent, le FIFF ne se définit pas seulement par sa compétition, mais aussi par ses « à côtés ». Parmi le large choix d’activités proposées, on retrouve entre autres des workshops pour les professionnels, des séances campus pour les élèves primaires, secondaires et supérieurs, des films hors compétition projetés en primeur au FIFF, une collection de films flamands pour soutenir les échanges intercommunautaires, des séances parents non-admis, des séances pour les malvoyants, des projections de séries, j’en passe et des meilleures.

Pour marquer le coup de cette édition spéciale, le FIFF a créé les FIFF’OFF, série d’événements alternatifs gratuits (mais attention la réservation est obligatoire) organisés conjointement avec leurs partenaires namurois. Parmi la pléthore de propositions, on retiendra tout particulièrement le « ciné sur l’eau », projection sur un écran géant et flottant de Home réalisé par Yann Arthus Bertrand ainsi que « Ensemble, créons notre jardin 100 % solidaire ! » qui, comme son nom l’indique, se base sur la création d’un jardin collectif et solidaire à partir de matériaux recyclés.

On l’aura compris, le thème du FIFF est celui de la solidarité. En soutien à l’HoReCa, le festival a donc décidé de se séparer de son chapiteau et propose de se retrouver, à la place, dans différentes institutions du chef-lieu namurois. Reconnaissants de la chance qu’ils ont de pouvoir malgré la situation planifier l’événement, les organisateurs ont aussi prévu une séance spéciale carte blanche pour le BRIFF qui lui n’a pas pu avoir lieu en avril. En bref, c’est un beau programme, plein d’humanité que nous propose le FIFF et qui nous prouve que dans les pires moments, il est aussi possible de s’adapter en restant empathiques et compréhensifs. Raison de plus pour ne pas manquer ce rendez-vous incontournable des passionnés du cinéma.

A propos Cheyenne Quévy 77 Articles
Journaliste du Suricate Magazine