Johan Muyle et le sculpture surfing

Photo de Johan Muyle, Sioux in Paradise (Now Futur) 2016 + Tara Gomes > Garage Cosmos / © Johan Muyle © Pascal Schyns
Johan Muyle, Sioux in Paradise (Now Futur) 2016 + Tara Gomes > Garage Cosmos / © Johan Muyle © Pascal Schyns

Le sculpture surfing, ça vous dit quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, vous avez l’occasion de rattraper cette lacune en allant visiter l’exposition de Johan Muyle à Bruxelles du 15 décembre 2018 au 20 janvier 2019.

Johan Muyle est artiste-sculpteur d’images depuis 1983. Il part du principe qu’une image peut être envisagée sous différents points de vue. Une fois ces derniers recueillis, il cherche à recréer une image globale et complète, une image en trois dimensions qui laissera le regard appréhender l’objet, ici la moto, dans diverses postures physiques, et pourrait-t-on même dire émotionnelles.

En arrivant au Garage Cosmos, un espace presque immaculé, le public est accueilli par une superbe Harley Davidson rutilante. On se mire dedans et on admire la mécanique fabuleuse. Puis l’œil revient sur quelques détails et découvre ce qui fait des motos de Johan Muyle des œuvres d’art moderne, des “sculptures ethniques urbaines”.

© Johan MUYLE NO MORE HEROES 2008-2018 © Pascal Schyns (SCALP)
© Johan MUYLE NO MORE HEROES 2008-2018 © Pascal Schyns (SCALP)

On peut parler de sculpture car chaque élément de la moto est fabriqué séparément dans les ateliers du garage American Fever, entre autres, sur bases des croquis et des dessins de Johan Muyle. Le côté « ethnique » vient quant à lui des éléments décoratifs rajoutés qui évoquent des bikers pur-sang, portant des blousons de cuir noir et des tatouages. La dimension urbaine, enfin, est indissociable de la moto, véhicule qui traverse les campagnes comme les villes.

Les motos présentées au Garage Cosmos sont superbes d’un point de vue purement esthétique, mais aussi par les histoires qu’elles racontent sur le mythe du biker : un individu sans maître, cheveux au vent, pétri et épris de liberté, dénonçant par le seul vrombissement de sa moto une société décadente. Un siège en cuir évoque une tête de gorille. Un memento mori gravé dans l’acier nous rappelle notre condition d’être humain et la vulnérabilité des motards sur leurs destriers à roues. À ces objets s’ajoutent des citations qui revendiquent une certaine vision pessimiste du monde :

Plus d’opium pour le peuple.

L’artiste complète ses sculptures en leur apportant le mouvement souhaité à travers des performances de sculpture surfing : la moto-œuvre d’art se transforme alors en une planche de surf sur une mer d’asphalte.

© Johan MUYLE BURNOUT MACHINE 2008-2017 © Pascal Schyns (SCALP)
© Johan MUYLE BURNOUT MACHINE 2008-2017 © Pascal Schyns (SCALP)

Trois autres motos attendent le visiteur au Garage Cosmos, chacune avec son propre style, sa propre identité, sculptures 3D statiques mais avec le mouvement en puissance. Une expérience surprenante à découvrir jusqu’au 20 janvier.

Infos pratiques

  •  Où ? Garage Cosmos, avenue des Sept Bonniers 43, 1180 Uccle.
  • Quand ? Du vendredi au dimanche de 13h à 18h, du 15 décembre 2018 au 20 janvier 2019.
  • Combien ? Gratuit.
Elodie Kempenaer
A propos Elodie Kempenaer 83 Articles
Journaliste