Drôle de père, la paternité tout en finesse

Drôle de père

d’Amélie van Elmbt

Drame

Avec Thomas Blanchard, Judith Chemla, Lina Doillon

Sorti le 22 novembre 2017

Après avoir voyagé durant cinq ans pour parfaire son apprentissage de la cuisine, Antoine est de retour à Bruxelles. Par une belle après-midi d’été, il décide de se rendre chez Camille, la femme qu’il a aimé quelques années auparavant et avec qui il a eu une petite fille qu’il n’a jamais rencontrée. En arrivant à l’appartement, Antoine tombe sur une Camille pressée qui attend la baby-sitter qui tarde à arriver. En désespoir de cause, celle-ci finit par demander à Antoine de patienter avec la petite, le temps que la baby-sitter arrive. Antoine est à mille lieues de s’imaginer que les dix minutes initialement prévues vont se transformer en trois jours de tête à tête avec sa fille.

Amélie van Elmbt raconte d’une manière touchante et attendrissante la création de liens entre un père et sa fille. Le film réussit à raconter une histoire particulière et spécifique tout en ne montrant qu’un instantané de la vie des personnages à un moment précis. Grâce à la temporalité de narration choisie qui se concentre sur trois jours, on entre dans la vie des protagonistes et on en ressort sans se poser de questions sur leur passé ou leur avenir. Ce qui compte, c’est l’instant présent. La spontanéité de l’enfance est magistralement bien captée, tout en finesse et simplicité. La petite Elsa est criante de vérité et, pour toute personne qui a vécu avec des enfants, les réactions très justes prêtes souvent à sourire. Drôle de père raconte une histoire de filiation du côté du père justement, celui que souvent on entend moins. On sent Antoine paumé, surpris, décontenancé face à sa fille et puis, on ne sait pas trop comment, la magie opère. On en oublierait presque la caméra et que tout ceci est juste un instant de cinéma. La belle complicité qui se tisse entre les personnages principaux trouve son point culminant dans la révélation du secret. Révélation qui, à l’image du film, est déconcertante de simplicité et de délicatesse.

Voilà comment, l’air de rien et à partir de situations quotidiennes presque banales, on réalise un film tout en sensibilité sur une thématique majeure.

Thérèse Makumaya
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Journaliste du Suricate Magazine