Dans la cour de Pierre Salvadori

dans la cour affiche

Dans la cour

de Pierre Salvadori

Comédie dramatique

Avec Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Féodor Atkine, Pio Marmai, Michèle Moretti

Sorti le 23 avril 2014

Critique :

Après avoir coulé sa carrière de chanteur, Antoine, dépressif et addict, devient concierge d’un immeuble. Avec un soubresaut d’entrain, il s’accommode de ses nouvelles tâches et finit par faire partie du quotidien des habitants. Il a ainsi l’occasion de voir comment Mathilde, une jeune retraitée de l’immeuble, devient préoccupée, puis angoissée à propos d’une fissure dans son salon. Incomprise par son mari, Mathilde cherche la compagnie d’Antoine, qui se prend d’amitié pour elle. Mais entre inquiétude et solidarité, sauront-ils s’aider ?

Même s’il voulait prendre ses distances avec ses comédies précédentes (Les Apprentis, Après vous, De vrais mensonges), Pierre Salvadori ne s’est pas complètement éloigné du genre, puisque son drame réussit à nous faire sourire de bon cœur. Jusqu’à ce que le film se poursuive et que l’on glisse subtilement de l’humour à la folie. C’est à partir d’une citation de Kafka, prononcée dans la série The Wire, que Pierre Salvadori et son scénariste ont eu l’inspiration de ce film : « Vous pouvez retenir la souffrance du monde, vous êtes libre de le faire, et c’est en accord avec votre nature. Mais peut-être est-ce la seule souffrance que vous auriez pu éviter ».

La citation est magnifiquement illustrée par le personnage d’Antoine qui mêle une apathie pathologique à une réelle sensibilité pour ceux qui l’entourent. Gustave Kervern, dont le nom est souvent associé à celui de Benoît Delépine (Groland, Aaltra, Mammuth), livre là une belle interprétation face à une Catherine Deneuve juste, drôle et émouvante. Sans exagération, elle joue très bien cette femme digne et dynamique, mais anxieuse, qui finit par perdre ses moyens à mesure que l’angoisse apparaît. Pierre Salvadori ne s’est pas trompé en écrivant ce rôle pour elle. Autour de ces deux personnages principaux gravitent un mari inquiet et des voisins qui semblent tous avoir un grain… tout en étant d’une banalité qui pourrait en faire nos voisins.

Avec la simplicité pour qualité, Dans la cour est une œuvre à la fois drôle et triste, dont on regrettera une fin facile, néanmoins rattrapée par une conclusion à la fois dure et belle.

Elodie Mertz
A propos Elodie Mertz 117 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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