Le Coeur en braille, une comédie sur un air connu

Le Coeur en braille

de Michel Boujenah

Comédie dramatique

Avec Alix Vaillot, Jean-Stan du Pac, Charles Berling

Sorti le 28 décembre 2016

Presque dix ans après son dernier long-métrage en tant que réalisateur (Trois amis), Michel Boujenah revient aux manettes d’un film familial autour d’une amitié étrange entre deux jeunes ados que tout oppose.

Elle, c’est Marie, jeune virtuose, passionnée de violoncelle, première de classe. Lui, c’est Victor, garçon sympathique, pas trop doué en maths, qui fait figure de cancre. Ignorant que Marie est en train de perdre la vue, Victor tombe amoureux d’elle. A sa grande surprise, elle va l’aider dans ses études et les deux collégiens deviendront inséparables. Mais quand Marie lui révèlera son secret et ses difficultés, Victor se sentira tout d’abord trahi avant de comprendre la situation délicate dans laquelle se trouve sa jeune amie : si ses parents apprennent la gravité de sa déficience visuelle, ils l’enverront dans une école pour malvoyants et elle devra renoncer à ses études dans un conservatoire renommé. Il va tenter de faire changer le cours des choses en la protégeant du mieux qu’il peut.

En adaptant le roman du même nom écrit par Pascal Rutter, Michel Boujenah en a gardé l’esprit et le ton mais en a modifié le point de vue. Contrairement au livre qui racontait les aventures des deux ados à travers les yeux de Victor, le film adopte le regard de Marie. L’humoriste n’a pas pour autant pris le parti de montrer avec grand réalisme toutes les difficultés liées au handicap de l’héroïne. Il a préféré filmer les mésaventures de la jeune malvoyante sur un mode léger. Mais le film n’échappe pas pour autant à une certaine lourdeur et, par conséquent, à quelques clichés. Les professeurs et le directeur sont caricaturés à outrance (pour ses débuts à l’écran, Vincent Taloche fait une piètre impression en directeur d’école toqué) et certains personnages secondaires sont trop peu nuancés (le meilleur ami ainsi que le rival de Victor). Çà et là, des leçons de vie irritantes sont administrées aux parents réfractaires qui n’ont vraiment rien compris à la situation mais qui seront bien vite ramenés à la raison par leurs progénitures.

Un peu maladroit, le film aurait pu être gentiment niais et simpliste mais malgré tout, on ne peut s’empêcher de le trouver attachant à certains passages. Car même si cela sonne faux parfois, les jeunes acteurs Alix Vaillot et Jean-Stan du Pac sont touchants et spontanés. Ils forment un sympathique tandem. Tout comme Pascal Elbé et Charles Berling qui jouent également dans la partition en tant que pères mais dans des registres différents. Et puis, vous reconnaitrez peut-être certains lieux puisque plusieurs scènes ont été tournées près de chez nous : au complexe des amis des aveugles à Ghlin et sur le chantier naval de Péronnes.

Tout en abordant le handicap chez les jeunes, Le Cœur en braille offre un message optimiste sur l’entraide et son ton est vif. Dommage que la scène finale se rapproche à s’y méprendre de celle de La famille bélier, film à succès auquel le film de Michel Boujenah ressemble sensiblement sans parvenir à l’égaler.

Marie-Laure Soetaert
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Journaliste du Suricate Magazine