Bridges 2020: Korotkie vstrechi, un précieux témoignage

Korotkie vstrechi
de Kira Muratova
Comédie

Dans le cadre de la troisième édition du festival Bridges East of West Film Days qui s’est tenu du 22 au 26 janvier à Bozar, les spectateurs ont eu l’occasion de voir ce dimanche le film de la réalisatrice Ukrainienne Kira Muratova, Korotkie vstrechi (brief encounters), un film qui à l’époque soviétique a eu un cerain succès, malgré la censure et qui continue à tourner dans les festivals.

Valentina et Nadya aiment le même homme. L’une est sa femme, l’autre a croisé sa route lors d’une brève rencontre. Elles ne se connaissent pas, mais le destin va les réunir. Entre Valentina, femme active dans l’administration de la ville et Nadya, qui ne rêve que de retourner dans son village, une étrange amitié va se tisser.

Triangle amoureux et contradictions

Korotkie vstrechi est le récit d’un triangle amoureux, dans lequel l’image de Maxim est façonnée uniquement à partir des réminiscences de Valentina et Nadya éperdues d’amour pour cet homme. Le spectateur voyage donc entre souvenirs et temps présent dans un récit à la structure narrative éclatée. Loin de l’idéal de la révolution qui voulait détruire l’amour bourgeois pour le remplacer par une version plus libre et utilitariste, la réalisatrice nous montre ici les contradictions du système entre Maxim, le jeune barde à l’esprit rebelle qui semble prendre les choses avec beaucoup de légèreté et Valentina, l’idéaliste fonceuse, représentation d’un certain idéal soviétique qui ne recherche que la stabilité.

Une réalité éloignée de la fiction

La représentation de l’amour n’est pas le seul domaine dans lequel Kira Muratova nous décrit une réalité différente des promesses de la révolution. A travers le parcours de Valentina, éprise d’idéal et de justice, le spectateur peut constater que la réalité des choses est souvent loin des plans et de la ligne officielle, qui à l’époque ne voulait montrer que les aspects positifs du système.

Korotkie vstrechi est un témoignage précieux de la vie à l’époque soviétique. Techniquement novateur, il est rempli de symboles et mérite certainement plusieurs visionnages.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 111 Articles
Journaliste du Suricate Magazine