[BIFFF 2019 : Jour 7] Corruption hongroise ou Revenge coréen ?

X-The Exploited : corruption, les compromissions et la passivité dans notre vie quotidienne

Si vous pensiez que X- The exploited du réalisateur hongrois Károly Ujj Mészáros n’était qu’un thriller d’action lambda comme on peut en voir chaque semaine sur les écrans de cinéma, détrompez-vous. La série de meurtres auxquels devront s’attaquer les enquêteurs de la police de Budapest n’est pas l’objet premier de ce film. Le sujet, c’est l’état d’une société au bord de l’implosion, la Hongrie dans le cas présent, mais qui pourrait être aisément remplacé par un autre pays. 

Les thèmes principaux du film sont la corruption, les compromissions et la passivité dans notre vie quotidienne, tout ce qui nous permet de passer inaperçu et de ne pas faire de vague. Et pour lutter contre ces maux, le réalisateur n’a pas choisi un Elliot Ness incorruptible. A la place de celui-ci, Eva, une inspectrice de police dont les crises de panique, fréquentes depuis la mort de son mari, l’empêchent de se rendre sur le terrain et de voir un cadavre. Pourtant, grâce à son analyse méticuleuse des photos de scènes de crime, Eva va mettre à jour une série de meurtres, tous liés semble-t-il à un motif politique. Elle devra se battre contre une hiérarchie bornée et des collègues peu impliqués, afin de faire progresser l’enquête. A force de récolter des preuves, elle s’enfoncera avec le spectateur dans le passé trouble de la société hongroise.

Le film est à l’image de son personnage principal, méticuleux et sans esbrouffe, se présentant avant tout comme un thriller cérébral plutôt que comme un film d’action. Même si le spectateur aborde certaines scènes la tête en bas (au sens propre du terme) et que la bande son est parfois trop appuyée et proche de la saturation, notamment lors des crises de panique d’Eva, cela ne gâche en rien le film et ne nuit jamais à son efficacité.

X-The exploite ravira les spectateurs à la recherche d’un film de genre bien construit, qui n’ont pas peur de se poser durant deux heures pour réfléchir avec l’héroïne principale du film à l’état de notre société. V.P.

No Mercy: une revanche débridée 

Sur la scène du BIFFF, notre présentateur vedette du festival a demandé au réalisateur Kyoung-Tack Lim ce qui différenciait son film des autres Revenge Movies qui foisonnent actuellement. Pour être honnête, on cherche encore. Inae, enfin libérée de prison après avoir voulu jouer à la docteure avec un couteau, retrouve sa petite sœur Eunhye, légèrement handicapée. Et vous le voyez venir d’ici l’enlèvement de la sœur et notre Inae qui, à peine sortie de prison, va devoir recommencer à péter des dents pour la retrouver.

Avec son scénario qui tire vers le Taken, ce No Mercy a bien du mal à sortir du lot et ne nous offre absolument rien d’original dans le genre. Alors non, le film n’est pas mauvais et son rythme tient bien la route comme c’est souvent le cas pour les thrillers coréens. Mais il manque terriblement d’imagination et toutes ses scènes sont prévisibles tellement on a l’impression de les avoir déjà vues dans une dizaine d’autres films. Au lendemain d’Assassination Nation, les vraies questions qui nous taraudent sont plutôt : le BIFFF est-il devenu un festival féministe ? L’organisation a-t-elle vendu son âme au complot matriarcal maçonnique afin de se couvrir ? Si les pizzas sont rondes, pourquoi leurs boites sont-elles carrées ?

Ps: prière d’adresser toute poursuite judiciaire pour le titre potentiellement raciste de cet article à notre rédacteur en chef Loïc Smars. Il est IN-CON-TRO-LABLE ! O.E.

Olivier Eggermont et Vincent Penninckx

Olivier Eggermont
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Journaliste du Suricate Magazine