Apocalyptigirl, l’apocalypse loin des clichés

scénario & dessin : Andrew Maclean
éditions : Casterman
sortie : 29 août 2018
genre : Comics, science-fiction post-apocalyptique

Apocalyptigirl est un comics sorti le 29 août 2018 sous le label Paperback de Casterman. Aux manettes, Andrew Maclean scénarise, dessine et colorise ce récit prenant et dynamique. Il est également connu pour avoir mis en scène les aventures du guerrier viking Norgal, accompagné de la tête coupée d’Agathe, la sorcière bleue, dans la série Head Lopper.

Apocalyptigirl nous plonge sur une planète désolée, où l’on suit les aventures d’Aria et de son chat Reglisse. En mission pour découvrir un inestimable artefact, elle aura fort à faire, face à des tribus hostiles, des robots géants, mais surtout face à sa propre solitude.

Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre en lisant uniquement la quatrième de couverture ou en feuilletant négligemment cet album de 92 pages, l’auteur ne s’est pas contenté de reprendre les grands standards et/ou clichés du monde post-apocalyptique. Certes, les méchants n’ont rien à envier aux fous sanguinaires d’un Mad Max ou d’un Ken le survivant et ça pétarade effectivement dans toutes les cases, néanmoins l’héroïne est loin de ressembler aux clichés du genre. Premièrement, c’est une femme, et de plus, c’est une philosophe qui, tout en se frayant un chemin à coup de sabre, s’interroge sur le sort de cette planète dévastée par la folie des hommes, en compagnie de son chat. Ensuite, Aria, chante des airs d’opéra, façon Bianca Castafiore, même si elle ne les transforme pas en armes de destruction auditive, comme la cantatrice d’Hergé.

Au niveau du dessin également, Andrew Maclean a su choisir des environnements et des couleurs qui nous changent des productions post-apocalyptiques habituelles. La palette de couleurs est ici très claire et les environnements sont luxuriants : on se rapproche plus d’un monde à la I am Legend que de celui de Mad Max.

Si l’auteur sort quelque peu des sentiers battus au niveau visuel, le scénario quant à lui reste assez classique. S’il y a un parallèle évident entre les guerres sans fin des tribus sauvages, l’égoïsme des êtres les ayant précédés et notre monde actuel, Apocalyptigirl est avant tout un comics d’action, où explosions, fusillades et grosses motos sont présentes à chaque page.

L’album se laisse lire très facilement et sa lecture est très agréable, voire même jouissive, grâce au dynamisme des scènes d’action et au rythme soutenu de l’histoire, et par le côté très décalé du choix de l’héroïne.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 95 Articles
Journaliste du Suricate Magazine