Un roman à l’humour sec et à l’amour vif!

auteur : Juan Carlos Méndez Guédez
édition : Métailié
sortie : mars 2018
genre : roman noir

Caracas vit le nez dans ses cadavres, ses vols et viols, ses balles perdues, ses pénuries et ses délinquances. Donizetti vit là-bas, tout comme Manuel. Tous deux ont vu leurs vies prendre des voies qu’ils ne souhaitaient pas, espoir et volonté s’étouffant à petit feu.

Manuel, après avoir été viré de la radio dans laquelle il excellait à écouter les insomniaques, travaille dans la boutique familiale, prie María Lionza, fréquente des hommes beaux et de passage, s’interroge sur l’amour, la vie et se protège tant bien que mal de la crasse que Caracas dépose sur lui, gaine de contrainte et de résignation.

Donizetti travaille pour l’agence de presse gouvernementale, il est journaliste sans formation, et c’est le seul endroit où il peut se faire appeler journaliste sans qu’on ne lui rit au nez. Lorsqu’il n’écrit  pas des articles que personne ne prend la peine de lire, il transporte des valises dans le monde entier. Et à côté, il y a son ex femme, le nouveau compagnon apathique de cette dernière, son fils et sa nouvelle femme et la fille de cette dernière. Une famille à protéger coûte que coûte. Mystérieuses valises pleine d’un trésor inaccessible mais qui peut lui valoir sa peau et celle des deux familles s’il n’accomplit pas correctement ses missions.

Dans ce Caracas du début des années  2010, le « Comandante » soutenu par le chef cubain, les russes, les chinois et toute la clique du gouvernement gangréné, mène la vie dure au petit peuple. Lorsque les deux familles de Donizetti se trouvent menacées, il est temps pour lui de rentrer dans le ring et de se battre, accompagné de Manuel, ami providentiel retrouvé. Les valises deviennent alors symbole de liberté, de chaînes brisées et d’honneur retrouvé pour ces deux amis bancals.

Les valises n’offre pas un tableau très réjouissant et flatteur du Venezuela et du gouvernement qui s’y trouve et ne donne pas trop envie d’aller visiter Caracas après en avoir terminé la lecture. Mais dans ces villes qui semblent ne rien offrir comme raison de vivre, il y a toujours des hommes battus par le système qui désirent s’en sortir avec éclat. Et de cette envie naît un roman à l’humour sec et à l’amour vif, qui transmettent la poésie rude du genre humain qui n’en peut plus de n’être qu’un grain de sable dans l’univers.

Elodie Kempenaer
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