Soda : résurrection chez Dupuis

soda resurrection couverture

scénario : Tome
dessin : Dan Verlinden  
éditions : Dupuis
sortie : novembre 2014
genre : thriller, polar

Un revolver et un chapelet, une soutane noire et un insigne policier, voilà des associations qui ont de quoi intriguer…  Après une absence remarquée, le lieutenant David Salomé nous revient, plus empêtré dans sa double vie que jamais. Pasteur aux yeux de sa mère dont il essaye de ménager la fragile santé cardiaque, flic pour le reste du monde, ces journées se calquent sur le rythme de cette cage d’ascenseur où il se défait tour à tour de sa tenue ecclésiastique et de ses vêtements de civil. Contrairement à ses collègues, c’est chez lui que Soda, de son petit nom, est sous couverture.

Si le délai a été si long, comme l’annonce le titre de ce dernier album Résurrection, c’est que l’histoire se campe dans le New York actuel. Après le 11 septembre, il aura fallu à l’auteur un peu de recul avant d’évoquer ces événements marquants dont il ne pouvait être question ici de taire et dont il est pourtant si difficile de parler. Un treizième tome particulier, de par le rapport qu’il entretient avec la réalité et que symbolise à lui seul Salomé, coincé entre son rôle de pasteur d’après-journée et sa fonction d’agent.

Un  double jeu qui fait de cette série l’endroit parfait  pour exploiter la question du mensonge et de la vérité. Centrale, elle est également évoquée dans le supplément annexé en fin d’épisode qui revient sur les événements new-yorkais. Ainsi, si Résurrection se concentre sur l’après World Trade Center, c’est sous l’angle du complot. Philippe Tome exploite en effet ici les nombreuses déclarations contradictoires qui ont fait suite à l’explosion des deux tours dont bien des éléments sembler avoir été tenus secrets.

Malgré qu’il s’insère dans la continuité de la série de par son humour un peu noir (mais tellement piquant !), on sent tout de suite la part concrète de cette histoire. Outre une ambiance plus sombre, c’est également un nouveau dessinateur qui différencie ce tome des précédents. En effet, après Luc Warnant et Bruno Gazotti, c’est maintenant au tour de Verlinden de donner forme au lieutenant. Malgré un trait moins précis que ses prédécesseurs, ce dernier parvient à donner corps à l’atmosphère urbaine d’une New York qui, embourbée dans sa lutte sécuritaire contre le terrorisme, est également aux prises avec ses fantômes.

Une tome qui mêle plus étroitement fiction et réalité, ce qui en fait, paradoxalement, un des épisodes les moins percutants de la série sans qu’on n’attende pourtant la suite avec moins d’intérêt.

Nassima Cherke
A propos Nassima Cherke 42 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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