En difficulté depuis « Valérian », Luc Besson reprend les rênes d’EuropaCorp

Quelques temps seulement après le départ du directeur délégué Edouard de Vésinne, EuropaCorp voit son directeur général, Marc Shmuger, quitter le navire. Même si ce dernier était resté plus longtemps que prévu à son poste, il est toutefois difficile de ne pas faire un lien avec les difficultés financières auxquelles doit faire face la société de Luc Besson. D’ailleurs, c’est Luc Besson himself qui reprendra le siège laissé vacant par Marc Shmuger, ancien président d’Universal Pictures et ancien vice-président de Columbia Pictures. Toutefois, l’intéressé restera bien producteur exécutif d’Anna, le prochain film réalisé par Luc Besson.

La question se pose dès lors : EuropaCorp est-elle en pleine tourmente depuis l’échec commercial de Valérian et la Cité des milles planètes ? De fait, même si Luc Besson a affirmé avoir minimisé les risques financiers en divisant le nombre d’investisseurs, il est peu probable que la société côtée en bourse s’en tire à si bon compte. Alors qu’elle a annoncé en juin dernier une perte record de 120 millions d’€ sur l’exercice comptable 2016/2017, la société de production n’en finit plus de dégringoler sur le marché. Il y a tout juste un an, l’action EuropaCorp valait encore 4€, alors qu’aujourd’hui elle s’échange à 1,4 €.

Néanmoins, plusieurs solutions de refinancement s’offrent à la société française et son actionnaire principal Luc Besson (31,6% du capital). Soit Luc Besson se décide à vendre de nouvelles parts lui appartenant (comme il l’avait fait l’an dernier avec le groupe chinois Fundamental Films), soit il se décide à céder des actifs. Et sur ce second point, EuropaCorp ne manque pas d’atouts de charme. D’un côté, il y a le fabuleux catalogue de 500 films (dont La Guerre du feu, Un Singe en hiver, Les Ripoux, La Chevauchée fantastique, etc), véritable trésor de guerre amassé suite au rachat de Roissy Films. De l’autre, EuropaCorp peut compter sur la cession de la branche « télévision » destinée à la production de séries télévisées comme Taken, No Limit et Taxi Brooklyn. Si Orange Studio pourrait être intéressé par le catalogue de longs métrages, il se dit que TF1, via sa filiale Newen, pourrait être tenté de racheter EuropaCorp Télévision.

Quant à la suite de Valérian, Luc Besson n’a pas encore émis le souhait de l’annuler.

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Matthieu Matthys
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Omniscient avorté, avide de nouveautés et en recherche perpétuelle du pourquoi du comment, je suis fondateur, directeur de publication et responsable cinéma du Suricate Magazine.