Une faune joyeuse et colorée s’invite au MIMA avec ZOO

MIMAmuseum 2020, Steven Harrington
MIMAmuseum 2020, Steven Harrington

Affiche de l’expo Zoo au MIMA, Bruxelles, 2020.

Pour son huitième chapitre, le musée d’art actuel MIMA propose ZOO, une exposition regroupant onze artistes internationaux aux pratiques artistiques diverses autour d’un thème commun : l’anthropomorphisme.

De l’Homme à l’animal

Par définition, l’anthropomorphisme est une notion qui vise à associer à l’homme des comportements ou des caractéristiques physiques propres à l’animal et inversement. À bien y réfléchir, les personnages anthropomorphiques sont depuis les dernières décennies majoritairement présents dans les domaines et arts émergents tels que la bande dessinée, la publicité, le dessin animé. Autant de domaines artistiques qui intéressent le MIMA, motivé depuis ses débuts à promouvoir les arts émergent n’ayant pas encore tous bien trouvé la place qu’ils méritent dans les musées.

L’anthropomorphisme s’inspire dans les œuvres proposées d’une culture pop de masse actuelle, vivante et colorée, qu’elle soit représentée par une multitude de références, ou déformée pour en faire ressortir une critique sociale. Souvent inspirés de la bande dessinée, des dessins animés, du design ou de la publicité, certains artistes jouent sur la notion de marketing, d’une image de marque créée par leur style.

Les onze artistes présentés créent autour du même sujet. Ils ont tous la particularité d’évoluer dans un autre domaine artistique tel que le tatouage, le design, le prêt-à-porter, l’animation, leur permettent de couvrir un spectre artistique plus large.

Quelques œuvres au détail

Inspiré par l’esthétisme des dessins animés anciens, Pablo Dalas a réalisé pour le MIMA une fresque basée sur un effet dans les films d’animation qui consiste à déformer un personnage pour lui donner l’illusion de mouvement. Ici, le procédé est exagéré. Des parties de corps ou de visages sont répétées et déformées jusqu’à créer une composition cauchemardesque. L’image proposée contraste avec l’imagerie fantaisiste des dessins animés Disney, souvent accusés de véhiculer une réalité immature et non réelle.

À cette fresque s’ajoute des projections de films d’animation et une série de dessins petits formats jouant avec humour, parfois sombre sur l’image de personnages de la pop culture publicitaire actuelle.

MIMAmuseum 2020, Pablo Dalas
MIMAmuseum 2020, Pablo Dalas

Se définissant comme faux héritier gauche de James Ensor, l’artiste belge Laurent Impeduglia propose un univers coloré, bourré de références pop avec quelques clins d’œil au folklore wallon dans un univers post surréaliste belge. Elle appartient au mouvement artistique Lowbrow qui s’approprie avec humour, espièglerie et parfois sarcasme, les codes des médias populaires comme les comics, le dessin animé, le jeu vidéo, le graffiti ou encore la publicité. Des domaines qui ne sont pas encore reconnus comme appartenant aux Beaux-Arts classiques. Les peintures de Laurent Impeduglia reflètent une culture occidentale actuelle, avec des dizaines de références connues de tous, dans une composition évoquant les jeux d’arcades.

MIMAmuseum 2020, Laurent Impeduglia
MIMAmuseum 2020, Laurent Impeduglia

Le dernier étage du musée est transformé le temps de l’exposition par l’artiste lithuanienne Egle Zvirblyte en temple de la transmutation, un labyrinthe concentrique basé sur le model unicursal de la mythologie grecque et divisé en trois parties : célébration, offrandes et rituel de transformation. Le sol, le plafond et les murs sont peints et représentent des personnages féminins dansant avec des animaux, des fruits ou des objets dans des tons vifs. La volonté de l’artiste est de créer un temple éphémère dédié à l’hédonisme, au plaisir féminin et de manière plus générale à la vie. L’oeuvre est immersive, en plus de son côté visuel très riche est ajouté une ambiance sonore et olfactive grâce à de l’encens brûlant dans la seconde partie du labyrinthe.

MIMAmuseum 2020, Egle Zvirblyte
MIMAmuseum 2020, Egle Zvirblyte

Également présent dans l’exposition Steven Harrington, artiste et designer californien associé à la scène pop psychédélique, qui s’inspire de l’esprit mystique hippie pour créer un alter ego en l’image d’un chien artiste, devenu son image de marque et qu’il propage au plus large public possible. Il faudrait aussi citer le créateur du logo du MIMA, Parra devenu artiste plasticien en parallèle de sa carrière de skateboarder pro et créateur d’une marque de prêt-à-porter qui propose une série d’affiche humoristique absurde et de quelques pièces en céramique.

Ce huitième chapitre du MIMA est à l’image des précédents, coloré, joyeux et parfois cynique ; mais toujours avec une touche d’humour. Le musée arrive encore une fois à étonner le spectateur et à le questionner sur l’état de la société occidentale actuelle, en lui proposant le point de vue d’artistes venant d’arts actuels.

Infos pratiques

  • Où ? MIMA, Millennium Iconoclast Museum of Art, 30-41 Quai du Hainaut, 1080 Bruxelles.
  • Quand ? De 1er février au 30 août 2020, du mercredi au vendredi de 10h à 18h30 et le weekend de 11h à 19h30.
  • Combien ? 9,50 EUR au tarif plein. Plusieurs tarifs réduits disponibles.
A propos Anaïs Staelens 30 Articles
Journaliste du Suricate Magazine