La boxe anglaise mise en avant au MIMA avec Local Heroes

Le MIMA devient, le temps de sa prochaine exposition, le temple de la boxe anglaise : le Noble Art. Mise en avant par la culture populaire depuis plusieurs années, surtout dans le cinéma, la boxe se lie encore difficilement aux Beaux-Arts. Peu de symbiose existe entre ces deux domaines et c’est ce que le MIMA cherche à créer avec Local Heroes.

Edouard Valette, Local Heroes, 2022

Entraide et compréhension comme valeurs

Vu comme une réappropriation du gymnase antique, la boxe avait pour but initial de former la jeunesse aux vertus citoyennes et à ainsi lier l’expérience du corps avec celle de l’esprit. Son histoire débute en -3000 avec des représentations de combats similaires à la boxe actuelle sur des bas-reliefs en Egypte et en Mésopotamie. À l’heure actuelle la boxe a un lien étroit avec l’immigration et valorise l’aspect social et la mixité ; les notions d’entraide et de compréhension font partie des valeurs enseignées aux boxeurs.

Avec comme valeurs la mise en avant des talents locaux et la créations en liens entre les différents acteurs de l’exposition, le MIMA à collaboré avec deux clubs sportifs bruxellois : la Brussels Boxing Academy (BBA) et l’Idrissi Boxing Pro (IBP) afin de construire au mieux le projet. Les boxeurs ont aidé à la mise en place de certaines parties de l’exposition et seront régulièrement présent afin d’expliquer leur discipline aux spectateurs. Un ring installé au premier étage du musée verra combattre certains meilleurs jeunes talents belges durant des périodes de l’exposition.

 

Edouart Valette, Local Heroes, 2022

Un travail composite

L’exposition est divisée comme l’est la pratique du sport : le vestiaire où se changer, la salle d’entraînement et le ring. Les créations textiles de Kenza Vandeput-Taleb mettent en avant l’upcycling, le mix des matières, le contraste des techniques pour créer un style influencé par la culture algérienne et maghrébine. Avant d’entrer sur le ring le boxeur revêt son peignoir, telle une parure qui le fait quitter son statut pour entrer dans un état sportif.

Au second étage du musée les photographies d’Édouard Valette montrent les boxeurs sous un nouveau regard, en tenue ou sublimé par des effets de lumières et des mises en scène d’objets. Le travail est composite : le boxeur pose, Edouard Valette photographie et Kenza Vandeput-Taleb habille.

Edouard Valette, Local Heroes, 2022

Une histoire à écrire

Le dernier étage du MIMA est investi par l’artiste Rocio Alvarez qui retrace sa propre ligne du temps de la boxe féminine. Reconnue durant la fin des années 90 par les grandes instances sportives, la boxe féminine devra attendre 2001 pour voir son premier championnat du monde s’organiser. Elle était jusqu’alors interdite, bien que des combats en couple étaient possible, homme contre homme et femme contre femme. Rocco Alvarez utilise des couleurs vives, des traits expressifs dans une ambiance pouvant rappeler l’installation d’Egle Zvirblyte pour ZOO. La pièce met à l’honneur les boxeuses de toute époque en finissant par un portrait en grand format de Delfine Persoon, boxeuse professionnelle belge et championne de Belgique, d’Europe et du monde plusieurs années d’affilées.

 

Avec comme volonté d’amener de nouvelles formes d’arts plus modernes et/ou d’outsider au musée et de dynamiser la culture bruxelloise, le MIMA réussit encore à inviter le spectateur dans un domaine qui est lui est peut être inconnu.  L’exposition retrace en quelques lignes l’histoire de la boxe et invite le public à voir son aspect moderne au travers de plusieurs boxeurs belges, des Local Heroes.

 

Infos pratiques

  • Ou? : MIMA, 39/41 Quai du Hainaut, 1080 Bruxelles
  • Quand? : du 03 février au 28 mai et du mercredi au samedi de 10h à 18h et le dimanche de 11h à 19h
  • Combien? : 13,50€ différents tarifs réduits possibles
A propos Anaïs Staelens 68 Articles
Responsable de la rubrique Arts/Expos Journaliste du Suricate Magazine