Zaroff, la chasse est ouverte !

Scénario : Sylvain Runberg
Dessin : François Miville-Deschênes
Edition : Lombard
Sortie : 24 mai 2019
Genre : Aventure

Nonante-cinq ans après la parution originale du roman de Richard Connell, The Most Dangerous Game, une quinzaine d’adaptations cinématographiques directes ou indirectes, quatre adaptations radiophoniques et une quantité phénoménale de créations s’inspirant plus ou moins librement de ce récit, le général Zaroff est de retour !

Dans cette nouvelle mouture, illustrée à merveille par François Miville-Deschênes sur base d’un scénario de Sylvain Runberg, Zaroff n’est plus le chasseur qu’il était autrefois. Sommé de fuir son île suite au témoignage public de Sanger Rainsford, seul rescapé de ses chasses à l’homme, le général habite désormais au large du Vénézuela. Défiguré et ayant perdu le goût de chasser, il contemple son passé glorieux sans plus envisager l’avenir. Mais ce déprimant quotidien changera à l’arrivée de Fiona Flanagan, héritière vengeresse d’un empire mafieux, décidée à honorer le souvenir de son père mort aux mains du comte !

Marcher dans les traces de The Most Dangerous Game est un exercice périlleux ! Lorsqu’en 1932, Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel profitent des décors du film King Kong pour tourner durant la nuit leur adaptation de l’œuvre de Richard Connell, ils donneront naissance à un film unique et habité qui impactera de façon extraordinaire la mémoire collective. Pourtant, le pari d’offrir une suite à ce monument littéraire entré au Panthéon du Septième Art est relevé haut la main par François Miville-Deschênes et Sylvain Runberg !

La subtilité des auteurs est finalement de choisir un autre médium pour donner lieu à leur histoire, évitant ainsi la comparaison. Mais surtout, ce Zaroff version 2019, en plus de bénéficier d’un scénario cohérent et original, parvient à moderniser ce récit culte. Le trait de François Miville-Deschênes possède en effet un mouvement, une virtuosité propre à magnifier la figure du comte, le rendant moins statique qu’il ne l’était lors de sa première incarnation en 1932. Plus encore, la jungle dense et sauvage dans laquelle est située l’action est propre à souligner la folie inquiétante de Zaroff tout en possédant un côté étouffant et angoissant pour le lecteur.

Maîtrisé de part en part, original et captivant, Zaroff constitue une très belle production dont la fin semble augurer une série des plus intrigantes !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 146 Articles
Journaliste du Suricate Magazine