Gregor Hildebrandt ou quand les objets du son créent l’image

Gregor Hildebrandt, Where I switch to the other side (Paar), 2019 (détail). Vinyles découpés, bois, 122x122x200 cm.
Gregor Hildebrandt, Where I switch to the other side (Paar), 2019 (détail). Vinyles découpés, bois, 122x122x200 cm.

Der Raum ist die Miete (“La Chambre est le Loyer”) est le nom de la nouvelle exposition de Gregor Hildebrandt à la galerie Almine Rech à Bruxelles jusqu’au 27 juillet 2019. Hildebrandt est un artiste allemand, travaillant et résidant à Berlin, dont les oeuvres présentées dans le cadre de l’exposition évoquent le détournement des matériaux audio et vidéo analogiques. L’artiste procède par découpe et collage pour créer un oeuvres à base de vinyles, de cassettes, ou des parties magnétiques de celles-ci. Les oeuvres de Gregor Hildebrandt se créent autour de l’idée du son, de la musique, et des objets qui s’y associent, tout en restant silencieuses.

De galeries en foires d’art contemporain

C’est la troisième exposition de l’artiste pour la galerie Almine Rech à Bruxelles. L’artiste est également présent dans de nombreuses collections en Europe telles que les très bonnes collections Vanhaerents à Bruxelles, et les collections du Centre pompidou à Paris. Il est représente plusieurs galeries de renommée lors de foires internationales d’art contemporain comme Perrotin pour la FIAC en 2017, Wentrup pour l’Art Basel Miami en 2017 et 2018, et l’Art Basel Hong Kong en 2018 et 2019, entre autres.

Gregor Hildebrandt, Die Tränen des Triton, 2019. VHS magnétique, tape adhésif et acrylique sur toile 247 x 149 cm
Gregor Hildebrandt, Die Tränen des Triton, 2019. VHS magnétique, tape adhésif et acrylique sur toile, 247 x 149 cm.

Des objets de son détourné

L’exposition s’ouvre sur une pièce composée d’un faux plafond de morceaux de vinyles colorés, tous de format carré. Les vinyles sont du groupe munichois Paar, et proviennent tous du même album. Les couleurs vives contrastent avec les murs blancs et le sol en béton de l’espace, la galerie Almine Rech étant composée de trois grandes pièces dans le style white cube.

Dans la seconde pièce de la galerie les murs sont recouvert d’un papier peint “ingrain”, blanc et texturé qui est couramment utilisé dans les appartements berlinois et un vieil interrupteur est placé sur un mur à l’entrée de la pièce. Cette intervention subtile et poétique nous invite dans l’univers personnel de l’artiste, tout comme l’oeuvre Der Raum ist die Miete, qui donne son nom à l’exposition, présentée dans la dernière pièce. Cette oeuvre est composée d’une série de neuf vues de son appartement berlinois. L’image réalisée en grand format, est imprimée sur des rangements de cassettes, offrant au spectateur une image fragmentée, abstraite de loin et qui se met en place lorsque l’on s’en éloigne. L’image à un aspect ancien, proche d’une nostalgie dans les teintes des années 70.

L’artiste reprend un langage propre à la culture du disque : le sampling qu’il revisite en créant une version positive et négative de la même image. L’oeuvre Die Tranen des Triton (“Les Larmes du Triton”) représente l’écume sur la Spree en image positive créant un motif irrégulier ondulant en noir et blanc.

Gregor Hildebrandt, Der Flur Blick von der Tür, 2019. Jet d’encre, boite de cassette plastique et support en bois, 247 x 184 x 10 cm.
Gregor Hildebrandt, Der Flur Blick von der Tür, 2019. Jet d’encre, boite de cassette plastique et support en bois, 247 x 184 x 10 cm.

L’exposition Die Raum ist der Miete trouve parfaitement sa place dans la galerie Almine Rech, ses oeuvre contrastées et de grand format s’intègrent dans le style de la galerie, grande et épurée.

Infos pratiques

  • Où ? Galerie Almine Rech, Rue de l’Abbaye 20, 1050 Bruxelles.
  • Quand ? Du mardi au samedi de 11h à 19h, du 29 mai au 27 juillet 2019.
  • Combien ? Accès libre.
Anaïs Staelens
A propos Anaïs Staelens 9 Articles
Journaliste du Suricate Magazine