Vice, la charge anti-Cheney d’Adam McKay

Vice
d’Adam McKay
Biopic
Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell, Sam Rockwell, Jesse Plemons
Sorti le 27 février 2019

Auteur et producteur de nombreuses comédies et séries humoristiques, connu notamment pour sa collaboration au long cours avec Will Ferrell, Adam McKay opère, depuis son précédent long métrage, The Big Short, un virage vers un cinéma plus politisé, voire didactique, dans lequel il n’exclut pourtant pas une certaine forme de comédie, à travers un ton parfois grinçant. Après s’être attaqué de manière frontale aux causes de la crise de subprimes de 2007, c’est dans une veine presque satirique qu’il retrace la vie, la carrière et les méfaits de Dick Cheney, ancien vice-président des Etats-Unis.

Homme de l’ombre œuvrant dans les arcanes du parti républicain, Dick Cheney réussit sans faire de vagues à se faire élire vice-président en 2001, dans l’ombre de George W. Bush, duquel il tire pourtant les ficelles comme un habile marionnettiste manipule son pantin. Bien décidé à envahir l’Irak, il voit dans les attentats du 11 septembre l’occasion unique de parvenir à ses fins.

Si ce résumé peut paraître très partisan et, bien que probablement exact, pour le moins simplificateur, il est entièrement fidèle à l’esprit et au discours du film, véritable portrait à charge de Cheney et de son entourage. Si l’on devait établir un équivalent dans le cinéma américain contemporain, on pourrait comparer Vice à un pendant fictionnel des brûlots anti-Bush et anti-Trump de Michael Moore, tant le film assume son côté bulldozer, délibérément engagé.

Et tout comme Michael Moore, Adam McKay, homme de comédie malgré tout, nappe sa charge d’un humour féroce assez dévastateur, parfois vraiment méchant, qui est également assez rare dans le cinéma américain actuel. Qu’un tel film puisse figurer en bonne place pour espérer récolter des statuettes dorées (1 Golden Globe et 1 Oscar obtenus), aidé par la performance toute en grimages de Christian Bale – paradoxalement nettement plus subtile que celle de Gary Oldman en Churchill –, est finalement assez réjouissant.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine