« Sonic 2 : le film », le hérisson passe à la vitesse supérieure

Sonic 2 : le film
de Jeff Fowler
Animation , Famille , Aventure
Avec les voix françaises de Malik Bentalha , Marie-Eugénie Maréchal , Emmanuel Curtil
Sorti le 30 mars 2022

Si vous pensiez que Sonic était un hérisson bleu, peut-être vous trompiez-vous ? En effet, ne s’agissait-il tout simplement pas d’un phénix, cet oiseau mythique capable de renaître de ses cendres ? Si les deux animaux n’existent de surcroît pas dans la réalité, le second symbolise pourtant bien le retour en grâce du érinacéidé le plus célèbre de l’histoire des jeux vidéos. Et oui, voilà plus de trente années que Sonic a débarqué sur la Mega Drive de Sega, devenant dans la foulée une star des consoles pendant près de deux décennies. Sacré depuis, phénomène de pop culture, Sonic semble n’avoir rien perdu de sa superbe, mis sur un piédestal par une première réalisation cinématographique sortie en pleine pandémie. Un premier volet boudé par une critique las des adaptations de jeux vidéos au cinéma, mais acclamé par le public. Pour ce deuxième opus, la Paramount a frappé fort en amenant de nouveaux personnages charismatiques et en élargissant l’univers d’une franchise qui se voit bien s’installer dans la durée.

Scénaristiquement parlant, Sonic 2 ne révolutionnera pas le genre. Tous les ingrédients ayant ravivé les papilles des fans du premier film se retrouvent à nouveau dans ce second menu. C’est également le cas de sa trame de fond puisque celle-ci continue de nous offrir un duel Sonic-Robotnik, qui résume à lui seul le synopsis de cette suite. Toutefois, la production nous amène de nouveaux personnages pour servir de partenaires de choc et donner une plus grande richesse à l’univers du petit mammifère. Tails, le renard à deux queues, et Knuckles, l’anti-héros par excellence, font irruption dans ce second volet, ce qui le fait basculer dans un buddy movie complet, et ce n’est pas sans déplaire à l’assistance. A noter que le travail effectué sur le personnage de Knuckles le rend très intéressant et ouvre indéniablement la voie d’une spin-off.

Côté visuel, les studios ont également passé la vitesse supérieure. Toujours plus hollywoodien dans son rendu global, Sonic 2 dévoile aussi ses origines nipponnes par le biais de ses scènes d’action. Et pour cause, il est difficile de ne pas apercevoir en filigrane le clin d’œil appuyé de la réalisation envers les mangas dans lesquels ont baigné les enfants des années 90, comme Dragon Ball ou Goldorak… époque de l’avènement d’un certain Sonic. Un croisement des genres, des cultures et des identités qui se meut à merveille et permettra certainement de toucher un plus large public.

Enfin, si Sonic et ses compères en images de synthèse apportent une agréable plus-value, on ne peut pas en dire autant des humains qui peuplent ce film. De fait, en donnant davantage la part belle aux animés, la production rend presque futile la présence de certains acteurs en chair et en os. Ces derniers cabotinant à outrance, Jim Carrey en tête. Cette surenchère – ou effet de clown – fonctionne sur le jeune public, mais aura tôt fait de lasser les adultes.

En résumé, le retour de Sonic sur le devant de la scène est un succès global. C’est divertissant, propre et amusant, Sonic est clairement plus fort que toi !

A propos Matthieu Matthys 898 Articles
Directeur de publication - responsable cinéma et littérature du Suricate Magazine.