Sac à diable : La Bruja a disparu !

Scénario : Cédric Mayen
Dessin : Sandra Cardona
Éditeur : Dargaud
Sortie : 04 juin 2021
Genre : Fantastique, humour

Parler des enfers et du diable et vous vous retrouverez très souvent englué dans les clichés. Heureusement, Cédric Mayen et Sandra Cardona ont réussi avec Sac à diable à insuffler de nouvelles idées dans le royaume des morts. Ainsi, le premier tome de la série – La Bruja a disparu ! – nous emporte dans un univers fantastique et coloré, loin des clichés entourant la magie et l’outre-monde.

Enfer et damnation ! La Bruja, la sorcière la plus puissante de sa sororité, a disparu ! Elle venait juste de créer un élixir capable de changer la face du monde… Norah, sa nièce, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, décide de se rendre à son domicile. Alors qu’elle entre dans la maison de sa tante, elle interrompt sans le vouloir un rituel d’invocation du Prince des Ténèbres, enclenché par erreur par Barbouillard, l’un des démons familiers de La Bruja. Pris au piège d’un pentacle et condamné à rester sur terre, il doit négocier avec l’apprentie sorcière pour retrouver son trône. Débute alors une aventure haute en couleurs où humour et sorcellerie sont de la partie.

Une vision colorée et novatrice

A la lecture de cet album, on est agréablement surpris par les couleurs chatoyantes ainsi que la flamboyance de la patte graphique de la dessinatrice Sandra Cardona. Les décors extérieurs ainsi que l’intérieur des différents endroits visités est particulièrement soigné, avec une mention particulière pour ceux des enfers, qui renouvellent la vision que la plupart des auteurs ont de ce lieu. En jouant sur les clichés et les tares de notre société de consommation, elle propose une vision moderne et malicieuse de cet endroit brûlant.

Quant au scénario, il est dans la même lignée que le dessin, se jouant des clichés pour mieux en rire et inversant le rapport de force entre faibles et puissants, pour le plus grand bonheur des lecteurs. Il fait également la part belle à un humour au second degré, se moquant allègrement de nos petits défauts et des incohérences de notre société.

Sac à diable est donc une excellente surprise, un album que l’on prendra plaisir à relire, tant pour regarder en détail les nombreuses illustrations qui parsèment celui-ci que pour repérer un sous-entendu qui nous aurait échapper en première lecture.