Peninsula, ironie et pandémie

Peninsula
de Sang-Ho Yeon
Zombies
Présenté dans le cadre du Korean Film Festival Brussels 2020

Les circonstances apportent parfois une touche d’ironie et de surréalisme aux choses les plus simples. Et n’est-ce pas le comble du surréalisme d’assister dans le cadre du 8ème Festival du Film Coréen de Bruxelles à la projection du film Peninsula, un film de zombies du réalisateur Sang-Ho Yeon alors que le monde est lui-même plongé dans la pandémie ? Heureusement, aucun bruit suspect ou spectateur mordu durant cette projection, rien qu’un bon film qui, s’il ne déroge pas aux clichés du genre, apporte quelques nouveautés à un type de film dont la popularité ne faiblit pas auprès du public.

Quatre ans après Dernier train pour Busan, il ne reste que des zombies dans la péninsule. Un groupe de mercenaires forcés d’y retourner découvrent que des survivants non contaminés se sont regroupés et dictent leur loi. Coincés entre les zombies et ces survivants, leur tâche ne sera pas de tout repos…

Des vivants pire que les zombies

Que proposer au public en tant que réalisateur lorsqu’on a déjà soi-même produit un film de zombies ? Doit-on nécessairement aller dans la surenchère avec plus de zombies et d’hémoglobines afin de surprendre à nouveau les spectateurs ? Heureusement, ce n’est pas la voie empruntée par Sang-Ho Yeon qui, suivant l’adage que la qualité du méchant joue un rôle fondamental sur l’attrait du film, propose en la personne du sergent Hwang, une figure aussi loufoque qu’exubérante, pour mettre des bâtons dans les roues de nos héros. D’autre part, le réalisateur joue également sur les effets de surprise et sur l’humour pour ne pas transformer son opus en énième film d’épouvante.

Visuellement, la majeure partie du film se déroulant la nuit, il faut saluer le travail sur la photographie et sur les lumières du réalisateur et des équipes techniques, qui transforme un champ de ruines en festival coloré à la photographie particulièrement léchée.

Contrairement à de nombreux films de zombies, Peninsula est loin d’être un navet et même s’il ne renouvelle pas le genre, il doit être considéré comme un bon divertissement à regarder pour se faire peur (parfois) mais surtout pour s’amuser face à la démesure du film.

A propos Vincent Penninckx 207 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine