Nos corps alchimiques, un scénario complexe

Scénario : Thomas Gilbert
Dessin : Thomas Gilbert
Éditeur : Dargaud
Sortie : 07 mai 2021
Genre : Fantastique, ésotérique

Déjà connu pour différents ouvrages, dont Les filles de Salem paru en 2018 également chez Dargaud, Thomas Gilbert nous revient avec un puissant roman graphique, Nos corps alchimiques, qui encore une fois, explore des thèmes forts comme la haine, le genre et l’identité sexuelle. Malheureusement, même si le but de l’auteur est de créer un lien fort avec ses lecteurs, il en abandonnera peut-être certains en chemin, au vu du caractère brut et sans concession de cet album.

Camille, Aniss, Sarah. Ils se sont aimés, déchirés, haïs, séparés. Aujourd’hui, à l’appel de Camille, des années plus tard, ils se retrouvent pour tenter une expérience folle, parvenir à dépasser leurs propres réalités psychiques et physiques, leurs freins, leurs complexes, à révolutionner le monde et la vie elle-même. Pour se réunir, pour fusionner. Pour trouver l’essence de leurs corps alchimiques.

Graphiquement, on peut saluer le parti pris de l’auteur qui retranscrit parfaitement les sentiments et les émotions des protagonistes grâce à un trait de crayon anguleux et nerveux ainsi qu’à une palette de couleurs jaune orangé qui irradie les pages de cet album. L’auteur ne fait aucune concession au risque de choquer à certains moments.

Trop ésotérique

Malheureusement si on peut suivre l’auteur dans sa logique graphique, on peine à trouver un sens au scénario qui mélange ésotérisme, questions sur le genre, l’identité sexuelle, l’acceptation de soi… Dès le début de l’ouvrage, on éprouve des difficultés à s’attacher aux personnages et on cherche un fil conducteur parmi les citations ésotériques qui n’ont pas vraiment leur place dans le récit. Même si en fin de compte on voit où l’auteur a voulu nous mener, le chemin emprunté est tellement tortueux que beaucoup de lecteurs se désintéresseront de l’album après une cinquantaine de pages.

L’auteur avait de grandes ambitions avec cet album, mais malheureusement Nos corps alchimiques se révèle trop compliqué et abstrait pour intéresser un large public. C’est d’autant plus dommage que le dessin était en phase, lui, avec les émotions des personnages.