Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag IIB : Mon retour en France

Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag IIB

auteur : Jacques Tardi
éditions : Casterman
sortie : novembre 2014
genre : Historique, guerre, témoignage, biographie

Un an après la sortie du premier tome, il est temps de découvrir la suite des aventures du père de Jacques Tardi, célèbre auteur de bande dessinée, dans son expérience de prisonnier de guerre français pendant la seconde guerre mondiale. Fini le Stalag IIB, c’est la route interminable qui attend les prisonniers : de longues marches, des arrêts dans de petits villages et la sensation de tourner perpétuellement en rond ou de revenir constamment sous ses pas. Cette étrange volonté des allemands de garder ses prisonniers et de fuir l’ennemi, maintenant aux portes de l’Allemagne, est symbolique de la redoutable force de la routine et du fanatisme administratif nazi, alors que la guerre est, pour beaucoup, déjà perdue.

Le système utilisé pour raconter l’histoire de René Tardi ne diffère pas du premier tome : le fils suit le parcours de son père et dialogue avec lui sur les évènements historiques et les états d’âmes du protagoniste principal. Oui, il a des envies de meurtres et de vengeance ; oui, les assassinats ne lui font plus ni chaud ni froid. La guerre change un homme et Jacques Tardi découvre au fur et à mesure que son père n’a pas non plus été épargné par cette tornade de violence et de souffrance.

Si le sujet est toujours aussi passionnant, on remarque, de manière plus insistante, un défaut déjà présent dans la première partie et qui est ici plus contraignante : le manque de rythme de certains passages. Si la BD est bavarde et tente aussi de retranscrire l’attente et l’ennui de ces prisonniers, le premier tome avait la chance d’enchaîner différents tableaux et de voir s’enchaîner les aventures, anecdotes et rebondissements. Dans ce deuxième opus, la longue marche permanente est certes, excellemment retranscrite, mais Tardi peine à trouver matière à son récit et raconte donc l’histoire des combats qui se déroulent autour d’eux et que le père découvrira après son retour en France. La consistance des dialogues et la platitude des décors arrivent parfois à décourager un lecteur non passionné.

Malgré ce couac, le procédé et l’ambition de cette saga reste intacte et ravira tous les amateurs de cette période. Nous attendons justement qu’une année s’écoule à toute vitesse pour découvrir un troisième épisode qui portera sur les conséquences de la guerre sur la vie future de René Tardi, ainsi que son retour par après en Allemagne.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 312 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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