« Les Fleurs de l’âge » ou comment vieillir heureuse

Titre : Les Fleurs de l’âge
Autrice : Josiane Asmane
Editions : Flammarion
Date de parution : 10 février 2021
Genre : Essai, société

Dans notre société adepte du jeunisme, vieillir est souvent difficile à accepter, surtout pour les femmes. Un vrai paradoxe dans une société où l’on vit de plus en plus longtemps et en meilleure santé. Est-ce que toutes les cinquantenaires (et plus) devraient se morfondre de voir leur jeunesse s’envoler ? Dans cet essai, Josiane Asmane nous donne des clés pour accepter le vieillissement tout en restant vivantes et pleines d’entrain, sur la base d’une enquête auprès de femmes rayonnantes, âgées de 54 à 101 ans.

Les sociétés de cosmétiques nous vendent des crèmes anti-âge. C’est quand même dingue quand on y pense. Nous avons le privilège de vivre plus longtemps, mais nous voulons à tout prix effacer les marques que ces années supplémentaires laissent sur nos visages et nos corps. La vieillesse semble être devenue taboue, quasi inacceptable. Or l’approcher ainsi aboutit à une lutte contre un processus inéluctable et accessoirement, à se miner le moral. Devrions-nous plutôt canaliser nos énergies différemment, alors qu’en 2040 plus d’une personne sur trois aura plus de 60 ans ?

Dans ce contexte, l’autrice des Fleurs de l’âge nous invite à changer l’imaginaire de la vieillesse en mettant en avant des femmes belles, puissantes et pleines d’entrain dans la deuxième partie de leur vie. Elle les nomme les perennials, comme ses plantes qui refleurissent toujours d’années en années, en faisant un clin d’œil à leur jeunes consœurs millenials. Perla Servan-Schreiber (co-fondatrices du magazine Psychologies), la blogueuse Natacha Dzikowski (autrice d’un blog pour les femmes de plus de cinquante ans), ou encore Marie-France Cohen (fondatrice de Bonpoint, marque de vêtements pour enfants) font partie de ces perennials qui partagent leur approche pour une vie épanouie post-cinquantaine.

Bien vieillir, c’est s’accepter et aimer la vie

Journaliste, trentenaire, et dotée d’un prénom un brin suranné, Josiane Asmane fait œuvre utile avec cet essai, dans lequel elle nous invite à relativiser les notions de jeunesse et de vieillesse. Selon elle et les perennials qu’elle a interrogées, l’âge est une donnée qu’il faut accepter mais ce qui compte surtout c’est d’être jeune d’esprit et d’être tournée vers l’avenir, vers la vie que l’on a devant soi. Un des secrets des perennials qu’elle a interrogées, c’est de se focaliser sur ce qu’il y a à vivre ici et maintenant, plutôt que de souffrir du syndrome du rétroviseur (comme j’étais belle avant). « La peur de vieillir abîme plus que l’âge », selon Jeanne Moreau, à méditer…

Ce livre est écrit avec un regard bienveillant, voire admirateur, sur ces femmes matures qui mènent une vie « dynamique, utile et enrichissante ». On sent chez l’autrice une vraie sororité, une volonté de redonner une place noble aux femmes qui vieillissent, de mettre l’accent sur ce qu’elles ont à apprendre aux plus jeunes en termes d’affirmation de soi, d’expérience de vie et de rôle utile dans la société. Elle conclut cet essai en exhortant les femmes à être elles-mêmes, à ne plus se laisser définir ni par leur âge, ni par leur génération, mais bien en fonction de leurs goûts propres et de continuer à se réinventer et à renaître à la vie, notamment en cultivant les amitiés intergénérationnelles.

Cultiver la confiance en soi et la joie

Cet essai traite de la problématique du vieillissement à un niveau humain et personnel, en marquant la différence entre la jeune vieillesse (de 60 à 80 ans) et le grand âge. Les questions liées à la vie sociale, professionnelle, l’amour et la vie sexuelle y sont abordées, ainsi que la difficile mais nécessaire acceptation de son apparence physique et l’importance de cultiver la confiance en soi et en l’avenir. Chaque chapitre est clôturé par un secret, une citation clé et une note pour l’avenir. Les Fleurs de l’âge constitue une lecture agréable et émouvante. On ne peut que remercier l’autrice de ce travail d’enquête visant à donner une perspective plus réjouissante du fait d’avancer dans l’âge. Qu’il est doux de penser qu’on a toute la vie pour réaliser ses rêves.

A propos Myriam Watson 53 Articles
Journaliste du Suricate Magazine